SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE
Dakar, 18 août (APS) – Un atelier visant à élaborer déterminer des stratégies nationales de développement des secteurs de la pêche et de l’acquaculture s’est ouvert mardi à Dakar, en vue de les mettre en cohérence avec les politiques arrétées dans ces domaines aux niveaux régional et continental, avec la contribution de nombreux experts ayant pris part à cette consultation.
L’objectif assigné à cette rencontre est de veiller à ce que les politiques et les stratégies nationales en matière de pêche et d’aquaculture soient cohérentes et alignées sur le Cadre politique et stratégie de réforme de la pêche et l’aquaculture en Afrique (CPSR) et sur les instruments internationaux pertinents.
“Nos espaces maritimes et nos zones continentales font face à des défis sans précédent. Face à cette complexité, nous devons agir de manière concertée et cohérente tout en nous alignant sur les instruments internationaux, continentaux et régionaux visant une meilleure gouvernance du secteur de la pêche et de l’aquaculture”, a déclaré Djiga Thiao, chargé de programme pour le développement des pêches marines et continentales au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Il a rappelé qu’en 2014, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine avaient adopté le CPSR, “transformant” la feuille de route continentale pour une gestion durable des ressources halieutiques et aquatiques.
Selon M. Thiao, cette rencontre “vise un triple objectif stratégique” pour le Sénégal.
“Il s’agit d’abord de garantir l’alignement des politiques nationales, en organisant les stratégies sectorielles sénégalaises avec les piliers du CPSR”, a-t-il souligné.
Le deuxième objectif, selon lui, est d’intégrer le secteur de la pêche et de l’aquaculture dans les plans nationaux d’investissement agricole.
L’objectif ainsi visé est de placer ce secteur “au cœur” de la programmation des investissements publics et privés, pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Dans un troisième temps, “il faut renforcer la résilience climatique et la continuité internationale en inscrivant l’adaptation au changement climatique au stand de la gouvernance, de la pêche et de l’aquaculture”, a soutenu Djiga Thiao.
Cette rencontre va aussi permettre de valider deux études, a-t-il relevé.
La première est celle de l’analyse des politiques nationales, liées directement ou indirectement au secteur de la pêche et de l’aquaculture, et les recommandations spécifiques qui en découlent.
La deuxième étude concerne l’évaluation de l’alignement des stratégies nationales de pêche et d’aquaculture et des plans nationaux d’investissement agricole.
“L’examen de cette étude et les conclusions et consultations que nous menons aujourd’hui, avec l’ensemble des parties prenantes, permettront au Sénégal d’apprécier les niveaux de cohérence de ses politiques et stratégies nationales avec les orientations continentales et internationales”, a indiqué Mamadou Abibou Diagne, secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Economie maritime.
Il assure que cet exercice est essentiel pour renforcer la cohérence des interventions, améliorer la gouvernance du secteur et assurer une exploitation durable des ressources halieutiques.
Il va également, selon M. Diagne, aider à “renforcer la résilience” de la pêche et de l’aquaculture face aux effets “néfastes” du changement climatique.
“L’objectif est donc de procéder à un examen objectif et approfondi des résultats de ces études, d’enrichir les constats formulés et de proposer des recommandations concrètes permettant de mieux aligner nos politiques et stratégies nationales de pêche et d’aquaculture, avec l’accompagnement des institutions et instruments internationaux pertinents”, a fait savoir le secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Economie maritime.
Aussi a-t-il invité les participants à “apporter pleinement” leur expertise, leur expérience et connaissance du secteur en guise de contribution à cette réflexion.
“Les recommandations issues de cet atelier devront être réalistes, opérationnelles et adaptées aux priorités nationales”, a souligné Mamadou Abibou Diagne.
Aboubacar Sidibé, spécialiste principal des politiques de pêche et d’aquaculture à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a informé que ce travail a été réalisé dans la majorité des états membres de l’Union africaine avec l’accompagnement de la FAO.
“Les résultats de ces études vont nous permettre d’analyser les différentes interventions au niveau national, sous-régional et international. C’est ce qui va assurer en même temps une mobilisation coordonnée des moyens techniques, matériels et financiers en faveur du développement”, a indiqué M. Sidibé.
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