Vallée du fleuve Sénégal : la gestion des périmètres irrigués confrontée à plusieurs défis, selon des acteurs
Vallée du fleuve Sénégal : la gestion des périmètres irrigués confrontée à plusieurs défis, selon des acteurs

SENEGAL-ECONOMIE-AGRICULTURE

Richard-Toll, 21 fév (APS) – La gestion des périmètres irrigués dans la vallée du fleuve Sénégal reste confrontée à des défis d’ordre organisationnel, foncier et hydraulique, ont relevé, vendredi, à Richard-Toll (nord), des responsables du programme de transition agroécologique.

Financé par l’Agence française de développement (AFD), le programme est piloté par la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED) avec l’appui du comité scientifique et technique eau agricole (COSTEA), partenaire stratégique du programme.

”Ces contraintes concernent notamment la répartition de l’eau, l’entretien des infrastructures, la clarification des droits d’usage des terres et la coordination entre exploitants au sein des aménagements collectifs’’, a indiqué Khassim Malick Sarr, coordinateur du Programme de développement économique local et de la transition agroécologique.

Il s’exprimait lors d’un atelier de restitution d’une enquête sur les problématiques liées à l’agroécologie au niveau des systèmes irrigués collectifs, menée par des étudiants de l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis et de l’Institut agro Montpellier en France, en collaboration avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA).

Selon M. Sarr, l’accès équitable à l’eau constitue l’un des principaux enjeux dans certains périmètres. ”La gestion collective de l’eau exige une organisation rigoureuse. Lorsqu’elle est fragilisée, elle peut engendrer des tensions entre producteurs, notamment en période de forte demande’’, a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de renforcer les mécanismes locaux de concertation.

Il a également évoqué le vieillissement de certaines infrastructures hydrauliques et l’insuffisance des moyens consacrés à leur entretien régulier, des facteurs qui ‘’compliquent le fonctionnement optimal des aménagements’’.

À ces contraintes s’ajoutent, a-t-il dit, des défis fonciers, marqués par une formalisation parfois incomplète des droits d’exploitation, ce qui peut freiner l’investissement des producteurs et limiter l’accès des jeunes et des femmes aux parcelles aménagées.

Pour sa part, Samy Bouarfa, directeur de projet au Comité scientifique et technique Eau agricole (COSTEA) estime que l’amélioration de la gouvernance locale constitue un levier essentiel pour prévenir les conflits.

‘’L’autonomie des agriculteurs dans la gestion de l’eau est fondamentale. Elle permet une meilleure planification des cultures et une utilisation plus rationnelle de la ressource’’, a-t-il indiqué, plaidant pour un renforcement des capacités organisationnelles des producteurs.

Il a signalé que la transition agroécologique engagée dans la vallée ‘’ambitionne ainsi d’intégrer ces dimensions institutionnelles et sociales’’ en complément des innovations techniques, afin de garantir une gestion plus inclusive et durable des périmètres irrigués.

M. Sarr annonce la tenue d’ateliers réunissant producteurs, techniciens et chercheurs dans les prochaines semaines pour formuler des recommandations visant à ”améliorer la gouvernance des aménagements collectifs dans la vallée du fleuve Sénégal”.

Vallée du fleuve Sénégal : la gestion des périmètres irrigués confrontée à plusieurs défis, selon des acteurs

OG/AT/ADC/AKS