SENEGAL-AFRIQUE-INTEGRATION
Kaolack, 2 oct (APS) – Le président de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA), Gaoussou Guèye, a relevé, dans une tribune parvenue à l’APS, la capacité de la pêche artisanale à promouvoir l’intégration régionale et à contribuer à la promotion de la diplomatie par l’utilisation des ressources en eau.
“La diplomatie bleue désigne l’utilisation des océans, des ressources marines et des communautés côtières comme leviers de paix, de coopération et de développement durable. En Afrique, la pêche artisanale illustre parfaitement cette dynamique. Bien plus qu’une activité économique, elle constitue un vecteur d’intégration régionale”, a écrit M. Guèye.
Des milliers de professionnels de la pêche artisanale traversent les frontières maritimes au quotidien, a-t-il rappelé, estimant que leurs déplacements favorisent les échanges culturels, économiques et sociaux entre les communautés.
La CAOPA propose aux pouvoirs publics d’user de la capacité de cette catégorie de professionnels de la pêche à favoriser les brassages et les interactions entre les communautés, d’en faire un outil de promotion de la “diplomatie bleue”.
Son président pense que le ministère chargé de la Pêche, comme ceux des Affaires étrangères, du Commerce, de l’Environnement et de la Sécurité publique doivent être associés à l’utilisation de la pêche artisanale et des ressources en eau comme un moyen de promotion de la diplomatie.
Le Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal, la Fédération nationale des pêches de la Mauritanie, la Confédération nationale de la pêche artisanale au Maroc et les autres associations membres de la CAOPA ont pris conscience de la capacité de la pêche artisanale à fédérer les peuples, selon Gaoussou Guèye.
“Les pêcheurs sont des bâtisseurs de paix”
Malgré cette prise de conscience, “la pêche artisanale reste marginalisée dans les négociations internationales”, a-t-il relevé, en faisant observer que “les conflits liés à l’accès aux ressources halieutiques se multiplient” dans le monde.
“L’absence de coordination intersectorielle” entre les professionnels de la pêche, du commerce, de la diplomatie et de l’environnement réduit la capacité de ces secteurs d’activités à fédérer les peuples, a signalé Gaoussou Guèye.
La CAOPA, créée en 2010, à Banjul, appelle à prévenir et à résoudre les conflits liés aux ressources, à faciliter l’intégration régionale par le renforcement de la coopération transfrontalière entre les communautés côtières, et à promouvoir une gestion responsable des ressources marines.
Son président conseille aux pouvoirs publics de mettre en place un cadre de coopération et de créer un mécanisme permanent de promotion de la diplomatie, des initiatives auxquelles doivent être associées, selon M. Guèye, les associations de professionnels de la pêche artisanale.
La CAOPA propose que les Nations unies, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ainsi que l’Union africaine impliquent les associations de pêche artisanale dans les initiatives de promotion de la “diplomatie bleue”.
“Les pêcheurs […] sont des bâtisseurs de paix et des [promoteurs] d’une intégration africaine durable”, a ajouté Gaoussou Guèye.
ADE/ESF/HK/BK

