Une délégation sénégalaise d’une cinquantaine de membres à Abidjan pour la 14e édition du Masa
Une délégation sénégalaise d’une cinquantaine de membres à Abidjan pour la 14e édition du Masa

SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE

‎De l’envoyée spéciale de l’APS: Fatou Kiné Sène

Abidjan (Côte d’Ivoire), 11 avr (APS)-  Une délégation sénégalaise composée d’artistes en majorité prend part à la 14e édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa), qui s’ouvre ce samedi dans la capitale ivoirienne, a constaté l’APS.

La cérémonie officielle d’ouverture est prévue à 18 heures, au Palais de la Culture Bernard Dadié de Treicheville.

La manifestation se poursuit jusqu’au 18 avril prochain, sur le thème “Arts du spectacle en Afrique, outil d’intégration économique et social”.

En attendant, les préparatifs vont bon train au village dédié à l’innovation et à la créativité où, les ouvriers en charge des travaux de finition accélèrent la cadence: derniers coups de marteaux, affiches à mettre, décoration des stands à finaliser, entre autres tâches exécutées en accéléré.

A l’entrée du Palais de la Culture Bernard Dadié, le chorégraphe et danseur Georges Momboye s’active avec ses danseurs pour les dernières répétitions.

A l’intérieur, le Sénégal règle les derniers détails de son stand avec le directeur des arts en première ligne pour superviser la décoration à partir des posters des artistes sélectionnés et invités.

Selon Hugues Diaz, à la tête d’une délégation comprenant des officiels et d’artistes, il s’agit d’une première, puisque le Sénégal n’avait jusque-là jamais disposé d’un stand propre au Masa.

“C’est déjà un début qui ne va pas s’arrêter là”, a-t-il commenté, ajoutant que cette année, le Sénégal est venu “de façon unie”.

“C’est une délégation forte d’une cinquantaine de personnes, on est 57, dont les artistes y compris les officiels”, a précisé le directeur des arts, dans un entretien accordé à l’APS.

L’objectif assigné à la délégation sénégalaise est d’être “très agressif sur ce marché et à l’époque où nous sommes, tout est développement, promotion des industries culturelles et créatives, de l’économie créative”, a indiqué Hugues Diaz.

Il a ajouté que cette consigne a été réitérée lors d’une réunion préparatoire avec tous les artistes sénégalais sélectionnés ou invités à partager un des plateaux de ce grand marché.

“Ce que nous leur avons dit, c’est de se mettre dans l’esprit que l’on ne va pas à un festival. Le Masa est un marché. On va à un marché où il faut attirer les tourneurs, les producteurs et tous les promoteurs de spectacle, on va dire les entrepreneurs des arts vivants”, dit-il.

Le stand sénégalais est appelé à devenir un “cadre de convergence, mais surtout un espace où sera présenté ce que le Sénégal a de meilleur dans les différentes formes d’expressions des arts vivants, notamment en théâtre, danse, musique et même marionnette”.

Pour cette dernière discipline artistique, le Sénégal concourt pour la première fois avec la pièce “Water Worlds” de la compagnie “Motus and Djarama” du Sénégal et du Québec.

Il reste que l’objectif principal de la délégation sénégalaise est de décrocher des rendez-vous “vraiment porteurs” pour les projets des artistes présents mais aussi ceux de l’Etat, citant le projet d’incubateur des entrepreneurs culturels qui sera lancé après le Masa.

Cet incubateur baptisé Mamadou Konté et logé à la Maison de la culture Douta Seck avait été lancé une première fois par l’ancien ministre Aliou Sow en janvier 2024.

“Le projet d’incubateur des entrepreneurs culturels que la direction des arts porte et qui va démarrer cette année, sera étendu dans les huit pôles territoires de développement”, signale le directeur des arts.

Il a aussi évoqué le projet de “grand forum” sur les industries culturelles et créatives, vu comme un salon où seront discutées des questions clés des industries culturelles et créatives telles que le financement, l’environnement économique et juridique.

Selon Diaz, ce “grand forum” dont la date n’a pas encore été déterminée, est un projet porté par l’Etat et qui sera piloté par le secrétariat d’Etat en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique.

“Nous venons chercher des partenaires par rapport à ces projets”, a-t-il résumé.

La tutelle veut tirer profit des secteurs de la culture et de l’artisanat pour générer des opportunités économiques à mettre à la disposition du tourisme et de la promotion de la destination Sénégal.

“L’offre touristique doit être vraiment très attractif. Les gens ont dépassé le balnéaire, c’est pourquoi nous voulons mettre l’accent sur des contenus créatifs, culturels et environnementaux. Aujourd’hui la culture ne va plus en vase clos, tout seule”, note Hugues Diaz.

Les artistes OMG (chanteuse Oumy Guèye) et la danseuse Khoudia Touré de la compagnie Kho, sélectionnés par le Masa pour le volet “In” sont déjà présents à Abidjan, de même que Nabachou, Bakhaw Dioum et Didier Awadi, retenus pour le volet festival, en plus des artistes comédiens du théâtre de Thiès.

“Il faut valoriser tout cela, pour que ces différents acteurs qui ont la chance d’être sélectionnés, d’être choisis, d’être invités, puissent tirer le meilleur profit” de leur participation, dit Hugues Diaz.

Il estime que les jeunes artistes qui participent pour la première fois pour certains à un tel évènement sont encadrés par des seniors, à savoir le président de l’Association des métiers de la musique (AMS) Daniel Gomes, l’entrepreneur culturel et régisseur Babylas Ndiaye, le manager Samba Diaité.

FKS/BK/SBS