Un projet mis en œuvre par le CORAF a permis de développer des cultures résilientes au cours des six dernières années
Un projet mis en œuvre par le CORAF a permis de développer des cultures résilientes au cours des six dernières années

SENEGAL-AFRIQUE-AGRICULTURE

Dakar, 26 mars (APS) – Le projet Renforcement des réseaux et des capacités institutionnelles en amélioration des plantes pour le développement de cultures résilientes, répondant aux besoins des paysans d’Afrique de l’Ouest (ABEE), a permis de développer des cultures résilientes dans les trois pays où il a été déroulé, dont le Sénégal, a-t-on appris de ses responsables.

Le projet ABEE, officiellement clôturé mercredi, a bénéficié d’un financement de l’Union européenne à hauteur de 5,2 milliards de francs CFA.

Sous la coordination du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), il a été mis en œuvre par l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Burkina Faso), l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (Niger) et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), avec l’appui technique du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

Selon le directeur général de l’ISRA, Moustapha Guèye, le projet ABEE visait à améliorer les programmes dédiés aux cultures de céréales et de légumineuses, mais également à renforcer les systèmes semenciers dans l’espace ouest africain, en particulier dans ces trois pays cités.

L’objectif recherché est d’aider les pays concernés et les autres Etats à avoir du matériel végétal plus adapté au marché, mais aussi plus résilient par rapport au changement climatique.

Il a également révélé que le projet ABEE a permis d’améliorer les programmes de sélection, notamment dans le renforcement des capacités.

“Aujourd’hui, nous avons formé une vingtaine de personnes en génétique, en gestion de données, mais aussi en production de semences”, a renseigné M. Guèye.

D’après le directeur général de l’ISRA, ABEE est un projet structurant pour la recherche agricole et le développement des systèmes semenciers en Afrique de l’Ouest.

Il “s’inscrit dans un contexte ouest africain où l’agriculture, qui représente environ 35% du PIB et mobilise près de 70% de la population active, constitue un pilier essentiel de la stabilité économique et sociale”, a indiqué Moumouni Savadogo, directeur exécutif du CORAF.

M. Sawadogo a toutefois signalé que le secteur reste confronté à des défis majeurs liés à une croissance démographique soutenue, aux changements climatiques et à la nécessité d’améliorer durablement la productivité.

Un projet mis en œuvre par le CORAF a permis de développer des cultures résilientes au cours des six dernières années

“Malgré l’importance stratégique du secteur, les rendements agricoles demeurent faibles avec des écarts de productivité pouvant atteindre 30 à 50% par rapport au potentiel agronomique”, a souligné M. Sawadogo.

Il a relevé que les effets du changement climatique pourraient entraîner des baisses de rendement de 10 à 20% d’ici 2050 pour certaines cultures de base.

“Dans ce contexte, l’innovation variétale et le renforcement des capacités en amélioration des plantes apparaissent comme des leviers déterminants de la production agricole, lorsqu’ils sont associés à des pratiques agronomiques adaptées pour assurer la sécurité alimentaire et renforcer la résilience du secteur agricole”, a assuré le directeur exécutif du CORAF.

Les résultats du projet ABEE montrent que 34 variétés provenant du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal ont été inscrites dans les catalogues nationaux de ces pays.

Le CORAF signale aussi que le programme ABEE a touché environ 20 400 producteurs, dont 37 % de femmes en milieu paysan.

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MFD/HB/BK