Un ouvrage revisite la figure d’Áliin Siitoye Jaata, une héroïne de la résistance coloniale
Un ouvrage revisite la figure d’Áliin Siitoye Jaata, une héroïne de la résistance coloniale

SENEGAL-CULTURE-EDITION

Dakar, 26 fév (APS) – L’universitaire et sociolinguiste sénégalaise Odile Tendeng-Weidler a présenté, jeudi, son ouvrage intitulé “Áliin Siitoye Jaata, la résistance par le chant”, dans lequel elle ambitionne d’explorer l’arrière-fond culturel, social et religieux du husarahak.

À travers une analyse historique et anthropologique, l’auteure se propose de retracer la trajectoire de cette figure féminine à l’origine d’un mouvement de résistance, notamment porté par les femmes Jóola, face aux bouleversements introduits par l’administration coloniale dans l’organisation sociale, religieuse et politique dans cette société et en Casamance, une localité au sud du Sénégal.

Le livre a été présenté, jeudi, au Centre culturel régional Blaise Senghor dans le cadre de la célébration de son cinquantième anniversaire.

‎Des élèves, éditeurs et acteurs du livre ont pris part à cette rencontre en présence de l’auteure, Odile Tendeng-Weidler.

Les discussions ont notamment permis de passer en revue la vie et l’œuvre d’Áliin Siitoye Jaata, une héroïne de la résistance coloniale en Casamance.

Fruit d’environ une vingtaine d’années de recherches menées aux Archives nationales du Sénégal, aux Archives nationales d’Outre-Mer à Aix-en-Provence (France) et dans plusieurs localités de Casamance, le livre analyse également le contexte ayant conduit à l’arrestation, à la condamnation et à la déportation d’Áliin Siitoye, a expliqué son auteure.

Les débats récurrents sur l’éventualité d’un rapatriement des restes de l’héroïne ont également nourri la genèse de cette réflexion, a-t-elle rappelé.

”Comment ramène-t-on des restes et qu’en fait-on dans un rituel qui suppose un corps ? ”, s’est-elle interrogée, en faisant allusion à la complexité des pratiques traditionnelles Jóola.

Elle a toutefois attesté l’authenticité du nom de l’héroïne, en faisant savoir qu’on ne dit pas Aline, mais Eline, insistant également sur les réalités sociolinguistiques propres à la communauté Jóola.

S’adressant aux jeunes, l’universitaire a résumé le message central de son ouvrage par un appel à la dignité et au discernement. ‘’Il faut apprendre à dire non. On ne vend pas son âme”, a-t-elle déclaré, estimant que telle aurait été la recommandation d’Áliin Siitoye aux générations actuelles.

Elle précise que le husarahak s’inscrivait dans la ”continuité des sanctuaires féminins Jóola engagés dans la lutte contre le désordre et l’injustice”.

Selon Odile Tendeng-Weidler, ce mouvement se distingue par ”une organisation inclusive” réunissant hommes, femmes et enfants autour d’un même culte, et par une ”communication mêlant paroles incantatoires et chants profanes et religieux”.

MK/SMD/HK/MTN