Un historien sénégalais relève le rôle significatif joué par les tirailleurs pour un monde libre
Un historien sénégalais relève le rôle significatif joué par les tirailleurs pour un monde libre

SENEGAL-AFRIQUE-MEMOIRE

Dakar, 27 nov (APS)- L’historien et inspecteur général de l’éducation, Mor Ndao a relevé, jeudi, le rôle significatif joué par les tirailleurs sénégalais, ‘’des artisans du monde libre”, lors de leur participation aux deux guerres mondiales.

”Ces effectifs [Corps d’infanterie des soldats noirs de l’armée française appelés sous le vocable de tirailleurs sénégalais et qui regroupe des Maliens, Nigériens, Ivoiriens, Marocains, Guinéens, etc.], des engagés dans ces théâtres d’opérations de la première et deuxième guerre mondiale ont de manière significative renversé la tendance et imposé la démocratie dans le monde libre, notamment, en Europe”, a dit M. Ndao.

Il était l’un des panélistes de la rencontre axée sur le thème ‘’Les tirailleurs sénégalais, mémoire et histoire’’, organisée à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF) ex-Ecole normale supérieure par la direction de l’animation culturelle et scientifique de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Selon lui, les deux guerres mondiales ont opposé, un front incarnant la démocratie et un autre avec Hitler, qui voulait construire une nouvelle idéologie, accélérer la marginalisation, la racialisation des relations humaines, la domination et l’exploitation.

Cette dernière entreprise, a expliqué le spécialiste des questions militaires, a été vaincue par la défaite des Allemands et de l’idéologie nazie.

‘’Ils (les tirailleurs) ont empêché au nazisme (Allemagne) et au fascisme (Italie) de pouvoir installer leur régime et dérouler leurs projets politiques. Le fait de les défaire et de mettre en place des projets démocratiques qui aujourd’hui gouvernent le monde, expliquent le rôle de ces tirailleurs dans l’édification du monde libre et la marche de la démocratie”, a fait valoir Mor Ndao, par ailleurs directeur de l’Ecole doctorale, Etude sur l’Homme et la Société-Ethos.

Sur le continent africain, a-t-il souligné, ces soldats ont participé aux mouvements de libération en intégrant les syndicats et les mouvements indépendantistes.

L’historien a indiqué qu’à leur retour de la première guerre mondiale, la majeure partie des tirailleurs ont intégré les mouvements sociaux, les syndicats, comme le Sénégalais Lamine Senghor, membre du parti communiste français.

Quant aux tirailleurs guinéens, a ajouté l’historien, ils ont intégré les syndicats, tandis que d’autres soldats ont lutté contre l’injustice au niveau de leur terroir, participé à la modernisation et transformé sur le plan social, culturel, leur environnement et leur société.

Il a cité comme exemple Diouma Cor Faye de Ndiaganiao, revenu de la guerre, victime des injustices.

‘’Il a voulu s’organiser avec sept autres tirailleurs pour moderniser et transformer leur terroir par l’éducation en luttant contre l’injustice. C’est pourquoi, il a été exilé à la frontière mauritanienne par l’administration coloniale avant de revenir et porter un combat politique, intégrer les parties politiques et se battre avec Léopold Sédar Senghor (1906-2001) pour transformer leur terroir’’, a-t-il relaté.

Le professeur Sadio Diallo, historien, a de son côté, fait savoir qu’ils ont été des soldats d’appoint pour l’armée française, en défendant les intérêts français dans les guerres d’Algérie et de Madagascar.

Le film documentaire ”Fahavalo, Madagascar 1947” de la Malgache Marie-Clémence Paes, produit en 2018, un portrait de son pays, explique bien cette période de l’histoire avec la présence des tirailleurs sénégalais.

Cette rencontre a inauguré ainsi ‘’les jeudis de la direction de l’animation culturelle et scientifique de l’UCAD’’ qui sont des rendez-vous mensuels offrant un cadre aux chercheurs, décideurs et citoyens pour discuter des résultats de recherches, pour parler au grand public sur des questions brûlantes relatives à l’histoire, à la physique nucléaire utile pour les agriculteurs, a expliqué son directeur, Dr Hady Ba.

La direction de l’animation culturelle et scientifique de l’UCAD a ainsi dressé un programme jusqu’au 23 juillet. Le prochain sujet sur le thème ”Les bouillons alimentaires sont-ils vraiment dangereux ?”, est prévu le 11 décembre prochain. 

FKS/ASB/SBS/MTN