SENEGAL-AFRIQUE-MUSIQUE
Dakar, 27 mars (APS) – Le Togolais Martial Arouna Tchao, fondateur du label ”Melo Records”, basé au Canada, appelle les artistes et producteurs musicaux du continent africain à miser davantage sur les plateformes numériques pour espérer tirer de leurs activités des revenus plus conséquents.
La démarche sous-tendant cette objectif doit se structurer autour de “comment trouver les fonds, comment financer les projets et surtout comment rentabiliser. Je propose cinq piliers stratégiques que +Melo Records+ utilise pour générer sur toute l’année plus de bénéfices, notamment l’organisation du DSP (fournisseur de services numériques)”, a-t-il dit.
M. Tchao intervenait lors d’un panel portant sur le thème ”Réinventer les labels, stratégies et modèles de revenus pour l’Afrique de demain”, jeudi, à l’occasion du lancement officiel de la septième édition du festival Dakar Music Expo (DMX), un salon ou marché dédié à la musique africaine et à la world music.
Plusieurs artistes et acteurs culturels venus d’Afrique et d’autres pays à travers le monde prennent part à cette rencontre de trois jours.
Martial Arouna Tchao prône également la monétisation sur ”YouTube”, rappelant que le Sénégal faisait partie des rares pays d’Afrique francophone actif sur ce créneau.
”Il faudrait avoir également un back catalogue, travailler sur le droit d’auteur avec des structures locales comme la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV), ou les droits voisins avec des structures comme la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM)”, ajoute-t-il, soulignant l’importance de miser en parallèle sur le live et la diaspora.
A l’en croire, le meilleur moyen, pour un artiste, de générer des revenus reste la constance sur les différentes plateformes numériques.
”En 2024, l’Afrique subsaharienne a généré à peu près 57 milliards de francs CFA sur tout ce qui est marché du numérique, notamment le streaming”, a-t-il indiqué.
Il soutient que ces chiffres permettent au continent d’être en ”constante évolution”, avec une croissance de 22 à 23%.
”Les gens ont de plus en plus Internet à la maison, même si les coûts sont un peu élevés, mais on a des jeunes ultra connectés qui, petit à petit, commencent à adopter les méthodes de consommation actuelles. Et il faut garder à l’esprit que de ces revenus générés, via le streaming, représente quasiment 99,5%”, a souligné le fondateur du label ”Melo Records”.
Selon lui, cela prouve à suffisance que les artistes, en Afrique, sont ”capables de générer localement de l’argent, grâce au streaming”.
Martial Arouna Tchao a toutefois attiré l’attention sur la gestion des finances des artistes qui, selon lui, pose un ”réel” problème pour les musiciens du continent.
En plus de ce défi, il y a l’absence de ”vrais labels” de management, a-t-il relevé, tout en appelant les uns et les autres à s’assurer une maîtrise de la distribution des projets musicaux.
”Les labels et les artistes doivent avoir la maîtrise du budget [mais également] investir en fonction de l’évolution de leurs projets”, a-t-il ajouté.
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