Un expert donne des pistes pour un cadre sportif adapté à l’essor d’une économie inclusive
Un expert donne des pistes pour un cadre sportif adapté à l’essor d’une économie inclusive

SENEGAL-SPORT-PERSPECTIVES

Dakar, 9 fév (APS)- L’expert financier et consultant en management du sport Manizor Thiam préconise l’accélération du processus de validation du Code du sport en cours d’élaboration au Sénégal, en vue de mettre en place “un cadre sportif propice au développement d’une économie inclusive, participative et également viable”.

Le Sénégal “devra accélérer son processus de validation du code du sport”, dont il est attendu des “changements profonds et majeurs […] afin de mettre en place un cadre sportif propice au développement d’une économie inclusive, participative et également viable”, écrit-il dans une contribution dont une copie a été transmise à l’APS.

Le Conseil des ministres a adopté, en juillet dernier, un projet de loi portant Code du Sport, qui vise à doter le Sénégal d’un cadre juridique modernisé pour encadrer la pratique, la gouvernance et le financement du sport.

Selon le ministère de tutelle, ce texte vient répondre à plusieurs besoins exprimés par les acteurs du secteur, relativement au statut des associations sportives, à la professionnalisation, à la réglementation des infrastructures, à la lutte contre le dopage ou encore à la sécurisation des manifestations sportives.

Il introduit également des dispositifs pour encourager l’investissement privé dans les activités sportives et renforcer les relations entre l’État et les fédérations.

“Le Sénégal a fourni des efforts en la matière. Toutefois, outre le football et le basketball, dans une certaine mesure les autres sports, restent orphelins d’une réelle impulsion pour en faire des leviers de développement”, estime Manizor Thiam.

Il pointe notamment la situation et la gestion des infrastructures, qui constituent “un défi pour le développement de sport local et l’accueil de rendez-vous sportifs majeurs au Sénégal dans le cadre de son développement sportif”.

“Le Sénégal fait face à des défis importants pour le développement de son sport et devra user de compétences et de connaissances transversales”, ainsi que de “partenariats stratégiques pour y arriver”, note Manizor Thiam, par ailleurs agent de joueur football FIFA.

“Les institutions doivent être homogènes et convergentes avec une vision centralisée et validée sur l’impulsion d’un leadership participatif et cohésif”, écrit-il, soulignant que l’organisation des JOJ 2026, “reste le baromètre majeur pour jauger la maturité du Sénégal face au grand défi du sport mondial”.

Il fait observer que l’enjeu des JOJ 2026 “dépasse une simple organisation des jeux”, cet évènement étant appelé à devenir, pour le Sénégal, une “vitrine diplomatique, culturelle, géopolitique et économique […]”.

Il dit espérer “avec beaucoup d’optimisme”, que l’organisation des JOJ 2026 va faire “briller à tout égard le Sénégal en Afrique et à l’international à l’image du Maroc durant l’organisation de cette récente Coupe d’Afrique des nations, au grand bénéfice du sport africain et mondial”. 

Manizor Thiam considère qu’à l’aube de la préparation des JOJ 2026, après le sacre de l’équipe nationale de football à l’issue de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 et “le positionnement sportif du Sénégal à l’international, l’exemple marocain devrait inspirer le Sénégal”.

“Sans vouloir réinventer la roue mais plutôt en l’adaptant et la personnalisant selon nos réalités sénégalaises, l’expérience marocaine du fait de notre relation fraternelle doit pouvoir servir le Sénégal”, explique M. Thiam.

Des conventions de partenariats et de transfert de compétences doivent être entrevus au niveau institutionnel et opérationnel pour travailler en synergie pour le rayonnement du sport sénégalais, suggère-t-il. 

“Les relations privilégiées du Sénégal vis-à-vis du Maroc peuvent aider à faciliter cette cohésion de partenariat au grand bénéfice du sport africain. Par conséquent, ces partenariats doivent s’établir sur des bases clairement partagées, gagnantes-gagnantes et sur la base de contrat de performance servant de feuille de route pour le Sénégal”, a-t-il conclu. 

BK/ASB