SENEGAL-FRANCE-INDE-AUSTRALIE-ARTS
Dakar, 13 fév (APS) – Le musée Théodore-Monod d’art africain de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar accueille l’exposition ‘’Réinventer son passé’’, une vitrine des regards croisés des trois derniers lauréats du concours de photographie du Musée du quai Branly – Jacques-Chirac, sur la mémoire, l’histoire, les héritages coloniaux et les constructions identitaires contemporaines.
L’exposition a démarré jeudi 12 février et va se poursuivre jusqu’au dimanche 3 mai 2026. Elle présente les œuvres de l’Indien Jaising Nageswaran (lauréat en 2023), de la Mexico-Britannique Monica Alcàzar-Duarte (lauréate en 2023) et de l’Australienne Julie Gough (lauréate en 2024).
Les trois artistes explorent leur héritage en s’inspirant de leur imaginaire, de leur trajectoire et de leur vie personnelle.
Julie Gough, qui n’est pas venue à Dakar, tente, avec des objets du passé, de refaçonner les récits officiels de la colonisation de la Tasmanie dans sa pratique artistique pluridisciplinaire, qui est composée de photographies, de vidéos, etc.
La chercheuse australienne vivant à Hobart en Tasmanie, un État insulaire situé près des côtes sud de l’Australie, explore les notions d’absence, d’éphémère et de récurrence. Spécialiste de la préhistoire et de la littérature anglaise, elle veut s’ancrer dans la recherche approfondie des histoires conflictuelles et occultées de Lutruwita/Tasmanie, dont certaines sont liées à son histoire familiale aborigène.
De son côté, Monica Alcàzar-Duarte, présente dans la capitale sénégalaise pour un premier voyage en Afrique, reconstitue à travers ‘’Xuna’an kaab – Grandma as a beekeeper’’ (reine des abeilles – Grand-mère apiculture) sa généalogie familiale.

Sur les clichés, elle se met en scène dans un habit d’apiculteur aux couleurs du miel et dans plusieurs décors liés à la géographie familiale entre l’Espagne et le Mexique.
Pour sa part, le photographe Jaising Nageswaran tourne l’objectif sur lui-même pour explorer son propre vécu, son héritage familial et sociétal, en lien avec son appartenance à la minorité indienne des Dalits.
‘’Les trois artistes ont une manière particulière de fouiller leur passé, leur histoire, leur vie et leur enfance. Ils plongent le public dans une mémoire parfois triste, parfois gaie’’, commente le co-commissaire de l’exposition El Hadji Malick Ndiaye, aux côtés de Christine Barthe et d’Annabelle Lacour.
M. Ndiaye, conservateur du musée Théodore-Monod, estime que cette exposition s’inscrit dans une dynamique de dialogue entre les scènes artistiques internationales et africaines. À son avis, elle offre au public dakarois l’opportunité de découvrir des œuvres majeures de la création photographique contemporaine extra-européenne.‘’Ce partenariat est très important pour nous, parce qu’il permet d’avoir une
programmation internationale et de faire venir des artistes dont les travaux ont été sacrés par des jurys internationaux. Il permet aussi d’établir un dialogue avec nos talentueux photographes sénégalais, pour renforcer la créativité’’, a-t-il ajouté.
FKS/HB/AKS/ADL/ESF

