Restitution des biens culturels : les pays africains invités à renforcer leur arsenal juridique
Restitution des biens culturels : les pays africains invités à renforcer leur arsenal juridique

SENEGAL-AFRIQUE-PATRIMOINE

Dakar, 4 avr (APS) – Le directeur de l’Ecole du patrimoine africain (EPA), le Béninois Franck Komlan Ogou a invité, vendredi à Dakar, les pays africains à renforcer leur arsenal juridique afin de corser les dispositions en vue de freiner le trafic des biens culturels qui continuent de sortir du continent.

”Il s’agit de renforcer le cadre juridique de protection du patrimoine culturel de nos Etats parce que ce dont il est question aujourd’hui, en parlant de restitution, ce sont des biens qui ont été pillés, spoliés, à un moment donné de notre histoire’’, a dit le professionnel du patrimoine lors d’une conférence qu’il a animée à la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le trafic illicite des biens culturels est un sujet d’actualité sur le continent africain et que des objets africains continuent de sortir du continent, a-t-il regretté.

‘’Si hier, c’était donc par la contrainte, aujourd’hui je peux dire que ces objets sortent parce qu’on les vend, on les cède nous-mêmes. Et si rien n’est fait, nos enfants, dans cinquante ans, dans un siècle, vont encore réclamer ces objets’’, a souligné M. Ogou 

Il intervenait dans le cadre des Grandes conférences du patrimoine et de l’archéologie organisées par cette faculté en partenariat avec l’Unesco sur le thème ‘’Restitution des biens culturels : états des lieux et perspectives pour l’Afrique’’.

Il a attiré l’attention des Etats africains en les invitant à renforcer leur cadre juridique, afin donc de ”corser la disposition liée au trafic illicite des biens culturels en Afrique”.

Il révèle que l’Afrique est une ”plaque tournante du trafic illicite”. 

Restitution des biens culturels : les pays africains invités à renforcer leur arsenal juridique

‘’Je ne voudrais donc pas ici nommer aucun pays, mais notre continent est victime du trafic illicite. Et nous devons en avoir conscience et prendre des dispositions juridiques, ne serait-ce que cela, nous devons renforcer, empêcher la sortie des objets culturels. Sinon, on va toujours continuer à réclamer les objets’’, a-t-il martelé.

Poursuivant ses propos, il estime que même si aujourd’hui les pays européens ont rendu tout ce qu’ils ont, tout ce qu’ils nous ont pillés, tout ce qu’ils nous ont volés, ‘’dans 50 ans, nos enfants iront encore réclamer d’autres biens’’. 

Pour docteur Franck Komlan Ogou, la question de la restitution des biens culturels est ‘’simple’’, mais à la fois ‘’sensible, délicate et complexe’’.

‘’La restitution est une question diplomatique, c’est une question de bonnes relations entre les Etats. Et donc il ne sert à rien de se braquer. Nous devons, en parfaite intelligence, pouvoir mener la discussion dans un climat apaisé. De manière à ce que chacun puisse avoir son intérêt dans cette discussion’’, a-t-il convié.

FKS/MTN