SENEGAL-LITTERATURE-EVENEMENT
Dakar, 18 oct (APS) -L’association sénégalaise de la Promotion du livre et de la lecture (PLL) ambitionne de bâtir des passerelles entre écrivains de générations différentes où chacune d’elle peut instruire l’autre, a dit, samedi, son président Alassane Koumé.
‘’Nous avons fait le choix de bâtir des passerelles entre l’expérience de ceux qui ont ouvert la voie et l’audace de celles et ceux qui s’apprêtent à la poursuivre’’, a-t-il dit.
Il s’exprimait dans le cadre du lancement de la première édition du symposium littéraire organisé par sa structure au centre culturel régional Blaise Senghor sous le thème ‘’L’art de transmettre : mentorat et apprentissage réciproque’’. Cette manifestation a eu comme parrain le critique littéraire Abdoulaye Racine Senghor.
Alassane Koumé considère le mentorat non pas comme un simple accompagnement, ‘’mais comme un levier d’émancipation, de formation et d’accomplissement’’.
C’est ce qui explique, a-t-il fait savoir, la place particulière qu’ils accordent à leurs aînés, à ces femmes et à ces hommes dont le parcours, les conseils et le regard bienveillant constituent de précieux repères.
PLL invite ainsi à dépasser une conception unilatérale de la transmission pour reconnaitre la richesse d’un dialogue où tous y gagnent, car ‘’l’expérience a beaucoup à offrir à la jeunesse, mais la jeunesse, par ses interrogations, ses idées et sa créativité, a également de quoi renouveler le regard de ses aînés’’.
Le panel intergénérationnel, ayant réuni des auteurs confirmés comme Marouba Fall, Fatoumata Diallo Ba, Andrée Marie Diagne et des écrivains en herbe tels que Ibrahima Kane, Seynabou Kane entre autres, a offert un espace de dialogue et de partage d’expériences sous la modération du journaliste et éditeur Alassane Cissé, promoteur du Salon de la littérature de jeunesse.
Marouba Fall, partant de sa propre expérience, a révélé être écrivain grâce à ses élèves à travers qui, il a beaucoup appris faisant savoir que le titre de son roman ‘’La collégienne’’ (1990) a été inspiré par ses élèves.
Il estime que l’art de la transmission est une façon de communiquer et la première qualité de celui qui doit transmettre, ‘’c’est la générosité, l’esprit d’ouverture’’.

‘’Lorsqu’on n’est pas généreux, quand on ne peut pas faire don de soi, on n’a pas le sens de l’écoute, on ne peut pas transmettre’’, indique l’enseignant à la retraite.
Pour Marouba Fall le mentor ne doit pas non plus imposer ses idées ou sa façon de voir, c’est un échange seulement”, lance-t-il.
Il rend hommage à son mentor l’écrivain Cheik Aliou Ndao avec qui ”j’ai beaucoup discuté et appris”.
‘’Les jeunes aujourd’hui ont beaucoup plus à m’apporter que moi à leur offrir. Ce que je peux leur apporter c’est la lenteur, la patience, la rigueur, l’honnêteté, ce regard qui consiste à remplir et pas à prendre les raccourcis’’, a, pour sa part, dit Fatoumata Diallo Ba.
Pour le jeune auteur, Ibrahima Kane, par ailleurs juriste de formation, ‘’il est important de nous apprendre à penser, le mentorat signifie apprendre de l’autre’’, a-t-il estimé.
Dix personnalités du monde de la littérature qui se sont engagées dans la proximité du livre, parmi lesquelles la défunte Aminata Sophie Dièye, Faty Dieng, Mamadou Samb, Mohamed Mbougar Sarr, ont été honorées dans une exposition.
Le public, composé d’élèves en majorité, a eu droit à des livres à la fin de la séance, mais aussi à une pièce de théâtre fusion qui a exploré notre utopie et vu comment des mots peuvent converger.
FKS/MTN

