SENEGAL-CULTURE
Dakar, 30 avr (APS) – Le réalisateur sénégalais Clarence Thomas Delgado a plaidé pour la mise en place d’un Centre national du cinéma (CNC), soulignant l’urgence de poser les bases d’une telle institution afin de structurer durablement le secteur cinématographique.
”Il urge, ici et maintenant, de jeter les bases de ce qui préfigurera un CNC version sénégalaise, afin de structurer la gouvernance sectorielle pour instaurer une concertation permanente entre l’État et les professionnels, et d’assurer une meilleure coordination des dispositifs existants, notamment le FOPICA et la SODAV”, a-t-il déclaré dans un document consulté par l’APS.
Le cinéaste appelle également à l’opérationnalisation de la rémunération pour copie privée (RCP), à travers la signature du décret d’application y afférent. Une telle mesure permettrait, selon lui, de passer d’une diplomatie culturelle à une véritable économie de la culture.
M. Delgado cite en exemple le modèle français de ‘’l’exception culturelle’’, qu’il juge performant en raison du dialogue constant entre l’État et les acteurs du secteur.
Pour le Sénégal, estime-t-il, l’enjeu n’est plus ‘’d’imaginer le futur du cinéma lors d’un énième séminaire’’, mais bien de ‘’signer l’acte de naissance de son institution souveraine de régulation’’.
La création d’un Centre national du cinéma permettrait, selon lui, de mieux coordonner les appuis à l’écriture, à la production et à la postproduction, tout en accordant une attention particulière à la diffusion et à l’exploitation, ‘’des maillons souvent négligés’’.
Évoquant la question de la copie privée, il souligne que ‘’son blocage illustre la nécessité d’un CNC’’. Inscrite dans la loi n° 2008-08, cette redevance sur les supports numériques pourrait générer, d’après lui, des milliards de francs CFA au profit de la création artistique et de la protection sociale des artistes.
Clarence Thomas Delgado estime qu’un centre national dédié aurait pour mission régalienne de porter ces réformes et d’en assurer l’application, contribuant ainsi à la préservation de la souveraineté culturelle face ‘’au lobby des importateurs et à l’inertie administrative’’.
AMN/MK/MTN
