Matam : un rappeur puise dans le registre historique du Fouta pour mieux sensibiliser sur les ressources minières
Matam : un rappeur puise dans le registre historique du Fouta pour mieux sensibiliser sur les ressources minières

SENEGAL-CULTURE-HISTOIRES-MINES

Matam, 27 sept (APS) – Le rappeur et entrepreneur culturel Simon Kouka a rendu hommage à de grandes figures historiques et religieuses du Fouta, notamment de la région de Matam (nord), dans le cadre d’un projet dénommé ‘’Histoire rappée’’.

Le rappeur séjourne à Matam dans le cadre des Journées portes ouvertes initiées par le ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines. Simon Kouka est chargé de travailler sur des textes mettant en relief les enjeux de l’exploitation des ressources minières au Sénégal en rapport avec les faits et figures historiques de chaque localité d’où l’intitulé de ce projet musical ”Histoire rappée”.

Invité sur le podium pour une prestation à l’étape de Matam, le rappeur a axé ses textes sur l’importance de faire connaître aux jeunes de grandes personnalités religieuses de la région de Matam.

Dans un style mêlant histoires et ressources minières, il a rappelé les débuts de la Révolution Torodo en 1776.

“Pour cette étape de Matam, la particularité de notre discours a été de montrer toutes ces grandes personnes qui sont issues de cette région. Avant de parler de minerais, nous avons tenu à parler de la révolution de 1776 conduite par Thierno Souleymane Baal et sous la direction d’Abdoul Khadre Kane”, a expliqué l’acteur culturel.

Simon Kouka, par ailleurs ancien membre du mouvement citoyen Y en a marre, s’exprimait en marge de festivités marquant la dernière étape des Journées portes ouvertes du ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, tenues à Matam.

”Le Fouta est une région qui a été à l’avant-garde dans beaucoup de domaines, une zone qui a connu Cheikh Moussa Kamara de Ganguel Soulé et Abdoul Bocar Kane du Bosséa”, une province située dans le département de Matam entre Oréfondé et Dabia, a poursuivi l’artiste dont la référence aux figures historiques en dit long sur sa maitrise de l’histoire de la localité.

”Tous ces aspects historiques méritent d’être rappelés avant même de parler de mines”, a-t-il dit, avant d’ajouter : ”Le but est de rendre hommage à ces personnalités dont on ne parle pas dans les manuels scolaires”.

“C’est grâce à ce projet d’histoire rappée que le ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines nous a demandé de faire des textes sur les minerais pour le pôle Matam. Nous avons fait la même chose à Thiès, Kédougou et Kaolack. Nous avons ainsi parlé de tout ce qui est exploité dans la région en termes de mines”, a soutenu l’artiste.

Simon Kouka s’est également adressé aux jeunes, à qui il a conseillé d’aller se former, notamment dans le secteur minier.

Il a aussi interpellé les entreprises exploitant le phosphate à Ndendory sur la dégradation de la nature, surtout celles ”qui ne réhabilitent pas les mines après exploitation”.

Simon Kouka a insisté sur le Fonds d’appui au développement local (FADL) et l’autonomisation des femmes, qui doivent provenir des recettes des entreprises exploitant le phosphate de la région de Matam.

AT/MTN/HK