SENEGAL-SANTE
Louga, 26 fév (APS) – La région de Louga (nord) a fait des performances jugées encourageantes en matière de lutte contre le sida, le taux de prévalence étant de 0,1 pour 1.000 dans le territoire régional, a-t-on appris, mercredi, du chef du district sanitaire de Louga, Sitor Ndour.
‘’Ces résultats montrent que la région est sur une très bonne voie’’ en matière de lutte contre cette maladie, a assuré M. Ndour lors d’une célébration de la Journée mondiale du sida.
Cette célébration prévue le 1er décembre dernier – date proclamée Journée mondiale du sida par les Nations unies – avait été reportée à ce jour.
‘’Le Sénégal s’est engagé à éliminer le VIH d’ici à 2030 en s’appuyant sur l’objectif 3×95 : 95 % des personnes vivant avec le VIH doivent être dépistées, 95 % d’entre elles doivent être sous traitement et 95 % d’entre elles atteindre une charge virale indétectable’’, a rappelé le médecin.
Sitor Ndour a relevé des ‘’défis persistants’’ dans la prévention et la lutte contre le sida. Il s’agit surtout d’‘’une baisse de la communication sur la maladie’’ et des financements destinés à la combattre, de la ‘’hausse des infections chez les jeunes de 10 à 24 ans’’.
‘’Beaucoup de cas récemment détectés concernent cette tranche d’âge, ce qui représente un enjeu majeur pour la productivité future du pays’’, a signalé M. Ndour.
Les établissement de santé sont sans nouvelles de certains patients en traitement, a-t-il relevé, déplorant en même temps ‘’le faible taux de dépistage chez les enfants’’.
‘’Au Sénégal, la prévalence du VIH se concentre sur trois populations clés. Ce sont les MSM, c’est-à-dire les hommes entretenant des rapports sexuels avec des hommes, chez lesquels une étude réalisée à Dakar a montré une prévalence supérieure à 26 pour 1.000, un chiffre extraordinaire comparé à celui de 0,1 pour 1.000 enregistré dans la région de Louga’’, a dit le chef du district sanitaire de Louga.
Il a relevé des difficultés dans la surveillance de la maladie chez les ‘’professionnelles du sexe, qui sont souvent actives de manière clandestine, et les utilisateurs des drogues injectables, qui favorisent la transmission du virus en utilisant la même seringue’’.
Le taux de prévalence est important chez ces trois groupes, selon le chef du district sanitaire de Louga.
‘’Nous devons renforcer la sensibilisation et explorer de nouveaux mécanismes de financement pour poursuivre les efforts et faire en sorte que chacun prenne conscience des risques d’exposition au VIH’’, a poursuivi Sitor Ndour.
Le rapport annuel 2023 du Conseil national de lutte contre le sida indique que ‘’les efforts fournis pendant trente ans de lutte contre le sida ont abouti à la stabilisation de l’épidémie de sida, avec une prévalence faible de 0,3 % au sein de la population générale en 2022’’.
‘’Mais on constate des niveaux de prévalence plus élevés [que ce taux] dans certains groupes’’, ajoute le même document.
DS/HK/ESF