L’État assure avoir pris des ‘’mesures de soutien’’ à la commercialisation du riz local
L’État assure avoir pris des ‘’mesures de soutien’’ à la commercialisation du riz local

SENEGAL-AGRICULTURE-COMMERCE

Dakar, 7 juil (APS) – Le ministère de l’Industrie et du Commerce déclare avoir pris plusieurs ‘’mesures de soutien à l’écoulement du riz local’’ au profit des producteurs notamment, en même temps qu’il s’est fixé un ‘’objectif de protection du pouvoir d’achat des ménages’’.

L’achat d’environ 9 000 tonnes de riz blanc à 350 francs CFA le kilo par des importateurs sénégalais est l’une des mesures prises, selon un communiqué du secrétaire général du ministère, Seydina Aboubacar Ndiaye.

D’après M. Ndiaye, l’Agence de régulation des marchés et la direction du commerce intérieur ont été impliquées dans l’achat de cette quantité de riz auprès des producteurs.

Le montant de la facture du riz acheté à des riziculteurs locaux par les importateurs est d’environ 3 150 000 000 de francs CFA, indique-t-il.

Le ministère a eu ‘’des discussions approfondies’’ avec des commerçants qui ont décidé de ‘’trouver des solutions durables pour l’achat et la distribution du riz local sur l’ensemble du territoire’’ sénégalais. 

‘’Les préoccupations des riziers sont pleinement prises en compte’’

Au terme de cette concertation, note M. Ndiaye, ‘’plusieurs commerçants se sont déclarés prêts à acheter le riz local et à s’engager résolument [à le vendre] sur le marché’’.

Il annonce qu’une réunion se tiendra mercredi 8 juillet, à 16 heures, au ministère de l’Industrie et du Commerce, pour la signature d’un mémorandum d’entente entre l’État et des commerçants partenaires.

La Primature et les ministères chargés des Finances et de l’Agriculture seront représentés à cette réunion, selon le communiqué.

Le but du mémorandum d’entente sera d’‘’actualiser’’ et de ‘’formaliser’’ les quantités de riz local que les commerçants s’engagent à acheter, de convenir d’un prix de vente également.

Une proposition a déjà été faite de vendre le riz local aux commerçants à raison de 280 francs CFA le kilo, un prix auquel l’État ajoutera une subvention de 50 francs CFA par kilo en faveur des riziers, selon Seydina Aboubacar Ndiaye.

La réunion de ce mercredi permettra aussi de ‘’définir les modalités pratiques d’écoulement (calendrier, zones de distribution, conditions logistiques, etc.)’’ du riz local.

‘’Le riz local fait face à un défi de compétitivité’’

‘’Le ministère réaffirme la volonté ferme de l’État de soutenir la filière rizicole nationale, qui constitue un pilier stratégique de notre sécurité alimentaire et de notre souveraineté économique. Les préoccupations des riziers sont pleinement prises en compte’’, assure M. Ndiaye.

Il ajoute que ‘’les mesures en cours visent à garantir un meilleur débouché à leur production’’, en même temps que l’État s’est fixé un ‘’objectif de protection du pouvoir d’achat des ménages’’.

Une tournée de suivi des mesures prises et une réunion d’évaluation de la commercialisation du riz local sont prévues avant la fin de ce mois, selon le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce.

Il assure que ‘’toutes les dispositions nécessaires seront prises […] pour améliorer durablement l’écoulement du riz local’’.

Seydina Aboubacar Ndiaye rappelle que ‘’le riz local fait face à un défi de compétitivité par rapport au riz importé, notamment en termes de coût et de conditions de commercialisation’’.

Bien vendre la production locale

Le Comité interprofessionnel du riz (CIRIZ) a appelé les autorités sénégalaises, lundi, à prendre des mesures urgentes contre la mévente du riz local dans la vallée du fleuve Sénégal (nord). Ses membres estiment que cette mévente peut compromettre la prochaine campagne de production de riz.

‘’Nous, producteurs, commerçants, transformateurs et autres acteurs de la filière riz demandons aux autorités de prendre des mesures urgentes pour nous permettre de faire face à la crise de la commercialisation des récoltes de riz’’, a dit Pape Sandjiry Dièye.

Il participait à une marche de protestation contre la mévente du riz produit dans le nord du pays.

Une plateforme de commercialisation prévue dans le cadre d’une convention signée entre l’État et les acteurs de la filière riz devait permettre de mieux réguler les importations de riz et de bien vendre la production locale, selon le président du CIRIZ.

Les promesses faites aux riziculteurs n’ont pas été tenues, a-t-il dit, signalant que des stocks de riz sont en souffrance dans la vallée du fleuve Sénégal.

ESF/MTN