SENEGAL-AFRIQUE-COMMERCE
Dakar, 27 oct (APS) – L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) doit devenir une zone de production et d’exportation dont les pays sont appelés à commercer davantage entre eux pour construire une prospérité fondée sur la complémentarité plutôt que sur la dépendance, a déclaré le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.
“L’UEMOA doit devenir une zone d’exportation, une zone de production non pas une zone de consommation […] Il nous faut commercialiser davantage entre pays africains. Il nous faut construire une prospérité fondée sur la complémentarité plutôt que sur la dépendance”, a-t-il dit.
Le ministre du Commerce et des Industries procédait, lundi, au lancement officiel du mois du Consommer local qui se poursuit jusqu’au 30 octobre prochain au CICES, le Centre international pour le commerce extérieur du Sénégal.
Cette sixième édition, axée sur le thème “Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial”, met à l’honneur le savoir-faire sénégalais dans le développement de l’économie.
Selon Serigne Guèye Diop, les Etats membres de l’UEMOA doivent passer de la logique de juxtaposition de dispositions à une logique intégrée avec un objectif clair, celui de transformer les productions en Afrique.
Il considère que “l’avenir de l’UEMOA ne peut pas reposer uniquement sur la libre circulation des biens et des services. Elle doit se reposer également sur la construction de véritables chaines de valeur régionales d’approvisionnement […]”.
Les agriculteurs doivent se compléter, les industries quant à elles doivent se renforcer, et les entreprises doivent pouvoir conquérir ensemble des marchés internationaux, a insisté le ministre de l’Industrie et du Commerce.
“Ce que l’on nous reproche le plus souvent, c’est que nos produits africains doivent être aux normes internationales, aux normes ISO. Sans ces certifications au niveau international, nous ne pouvons pas exporter en Chine ni en Turquie, ni en France, ni au Japon”, a-t-il fait remarquer.
Il estime que “le véritable défi” que l’Afrique doit surmonter consiste à mieux organiser ses ressources, à mieux valoriser ses talents et à mieux transformer cette intelligence dont elle dispose.
“Une région qui ne transforme pas ses ressources reste vulnérable, et un continent qui importe l’essentiel de ses matières premières laisse en grande partie sa richesse se créer ailleurs. Nous l’avons vu, l’Afrique ne transforme que 15% de ses matières premières, 15% de commerce entre nous, 15% de produits” destinés à d’autres pays, a-t-il indiqué.
La représentant résidente du président de la Commission de l’UEMOA, Aïssatou Lam, a salué l’engagement des autorités sénégalais qui, dit-elle, se sont inscrites dans la dynamique communautaire du “Consommer local”.
Cette perspective “traduit une ambition commune : faire de nos productions, de nos savoir-faire et de nos entreprises des moteurs de développement économique et sociale”, a-t-il soutenu, se félicitant de la mobilisation dans les Etats membres, illustrant une “volonté collective de faire du consommer local une réalité économique au-delà d’une simple campagne de sensibilisation”.
Pour Mme Lam, le consommer local consiste d’abord à reconnaitre la valeur du travail des producteurs, des transformateurs, des artisans et des entrepreneurs africains.
“L’UEMOA dispose d’un marché communautaire dont le potentiel va être davantage mobilisé. Le Consommer local doit s’entendre à l’échelle de l’Union. Un produit fabriqué au Sénégal doit pouvoir trouver des débouchés au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau, au Mali, au Niger”, a-t-elle souligné.
De la même manière, les produits originaires de ces Etats doivent pouvoir accéder au marché sénégalais dans les conditions prévues les règles communautaires, a ajouté la représentante du président de la Commission de l’UEMOA.
“En favorisant les échanges entre les Etats, nous élargissons les débouchés des entreprises, encourageons la spécialisation productive, créons des opportunités de partenariat et contribuons à développement de chaines de valeur régionales”, a conclu Aïssatou Lam.
FD/BK
