SENEGAL-AGRICULTURE-AMBITION
Pont Gendarme (Dagana), 17 fév (APS) – Amadou Tidiane Sall, chercheur à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), a souligné lundi l’engagement de l’État du Sénégal à produire ”tant soit peu” son blé pour réduire sa dépendance aux importations de cette céréale la deuxième la plus consommé dans le pays après le riz.
‘’Vu les crises politiques, sanitaires, l’État du Sénégal s’est engagé vraiment à essayer de produire tant soit peu son blé pour ne pas être entièrement dépendant’’, a-t-il déclaré à la presse en marge d’une visite dans un champ-école au Pont Gendarme, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la commune de Ross-Béthio, dans le département de Dagana.
”Le blé est la deuxième céréale la plus consommée au Sénégal après le riz mais on est entièrement dépendant car plus de 800 000 tonnes [sont] importées chaque année pour une valeur de 150 milliards de francs CFA, c’est énorme. Donc ça pèse lourd sur la balance commerciale”, a-t-il notamment dit.
Dans ce champ-école de 10 hectares, la culture du blé est expérimentée par des producteurs locaux à savoir Gorgui Kital et Nafissatou Thiam, dans le cadre du programme Blé irrigué au Sénégal (BIS).
Il a rappelé que l’ISRA était censé rechercher des variétés, soulignant que la culture du blé n’est pas adaptée dans nos zones agro-climatiques. C’est une culture des zones tempérées, a-t-il dit, soulignant que l’ISRA a fait des recherches pour faire adapter des variétés de blé localement dans des conditions climatiques agro-écologiques.
Au total, huit variétés de blé ont été homologuées au Sénégal à savoir quatre variétés de blé tendre (Hamat, Pendao, Alioune et Diré 15) et quatre variétés de blé dur (Haby, Amina, Dioufissa et Fanaye), renseigne une fiche technique de la culture du blé dont l’APS a reçu une copie.

‘’Je suis très heureux de recevoir cette visite. C’est une visite qui vient à son heure parce que je crois le Sénégal et même l’Afrique en général ne doivent plus être en dépendance par rapport à certaines céréales comme le blé’’, s’est réjoui Gorgui Kital, producteur de blé dans le département de Dagana.
Il a par ailleurs signalé que ce projet est mis en œuvre pour accompagner le Sénégal dans sa politique de souveraineté alimentaire.
Coordinateur du projet Blé irrigué au Sénégal (BIS), Amadou Diouf a rappelé qu’il est conduit par l’ONG internationale EUCORD [Coopérative européenne pour le développement rural], grâce au financement de la Fondation hollandaise Achmea.

CGD/AMD/ASB/ADC

