SENEGAL-CULTURE-PATRIMOINE
Dakar, 14 oct (APS) -L’Institut français de Dakar a organisé une table ronde consacrée aux nouvelles formes de transmission du patrimoine et des récits contemporains, en prélude à l’inauguration, prévue le 3 décembre prochain à Tambacounda (est), du ”Musée griot.tes”, une initiative culturelle portée par l’artiste visuel et poète Bocar Niang.
Intitulée ’’Ecriture, oralité, musées et arts visuels : comment transmet-on une mémoire ?’’, la rencontre a réuni, mardi, l’artiste Bocar Niang et le conservateur El Hadji Malick Ndiaye par ailleurs directeur du Musée des arts africains Théodore Monod de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN-UCAD), sous la modération de la journaliste Analita Rocha Faye.
Les échanges ont notamment porté sur les liens entre la parole transmise de génération en génération, les récits écrits, les objets muséaux et les expressions artistiques contemporaines, ainsi que sur les moyens de préserver et de valoriser un patrimoine vivant.
Bocar Niang a expliqué que l’idée du ”Musée griot.tes” est née en 2017, alors qu’il poursuivait des études en art à Paris, avec la volonté de mettre en valeur la culture des griots et des griottes à travers un projet artistique et culturel.
’’On a l’habitude de parler des griots, mais on parle moins des griottes, alors que c’est toute une famille qui transmet’’, a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de prendre en compte l’ensemble des acteurs qui participent à la transmission des savoirs, des récits et des pratiques culturelles.
Le projet a pris une dimension plus concrète à partir de 2022, lorsque l’artiste a bénéficié d’un séjour à la Villa Médicis, à Rome en Italie, qui lui a permis d’approfondir les réflexions scientifiques, architecturales et artistiques autour du futur musée.
Selon son initiateur, le ”Musée griot.tes” entend proposer un espace consacré aux ‘’récits contemporains, à l’oralité et à la performance, où les griots, les griottes, les artistes et les chercheurs pourront accéder à des ressources’’, notamment sonores, sur les traditions et les pratiques culturelles.
Le projet vise également à répondre au besoin de disposer, dans cette partie du Sénégal oriental, d’un lieu de conservation, de documentation et de valorisation du patrimoine culturel.
Pour El Hadji Malick Ndiaye, le ”Musée griot.tes” se distingue des modèles muséaux classiques, généralement centrés sur les collections d’objets, en accordant ‘’une place centrale à la performance, à l’oralité et aux expressions culturelles d’une communauté’’.
Il a estimé que cette initiative pourrait devenir ‘’un centre de ressources consacré à l’histoire des griots et des griottes’’, grâce à ‘’la collecte et à la conservation d’archives, de contes, de proverbes, d’images, de gestes et d’autres formes de transmission’’.
Le directeur du Musée des arts africains Théodore Monod a également relevé les défis liés à la documentation du patrimoine immatériel, dont la préservation nécessite des ‘’méthodes adaptées aux pratiques vivantes des communautés’’.
Il a présenté le futur musée comme ‘’un espace expérimental’’ appelé à élaborer ses propres méthodes d’interaction avec le patrimoine et les populations, tout en favorisant ‘’la production de savoirs endogènes et l’émergence de nouveaux récits sur les cultures africaines’’.
Dans son intervention, la directrice de l’Institut français de Dakar, Valérie Lesbros, a souligné l’intérêt d’accompagner ce projet, qui associe ‘’un fort ancrage territorial à une démarche artistique et scientifique’’.

Elle a indiqué que l’Institut français est partenaire de cette initiative, dont elle a salué la capacité à établir des ‘’passerelles entre les traditions orales, le patrimoine et les arts visuels’’.
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