“Le Château”, une ancienne gouvernance au cœur de la dynamique culturelle de Saint-Louis
“Le Château”, une ancienne gouvernance au cœur de la dynamique culturelle de Saint-Louis

SENEGAL-CULTURE-INFRASTRUCTURE

Saint-Louis, 16 mars (APS) – Situé en plein cœur du quartier Ndar Toute (Le Petit Saint-Louis, en wolof), le centre culturel “Le Château” est un espace dynamique contribuant au rayonnement culturel et artistique de la capitale du nord.

Comme son nom l’indique, “Le Château” est une vaste construction qui en impose, au cœur du quartier des pêcheurs sur la Langue de Barbarie.

“C’est un monument historique de Saint-Louis. Il a aussi abrité le bureau du département de la Mauritanie du temps de l’Afrique occidentale française (AOF)”, explique l’artiste visuel Alioune Diagne, directeur artistique du centre culturel “Le Château” depuis 2025.

Depuis sa transformation en espace culturel il y a près de 13 ans, “Le Château” accueille en résidence des artistes venus d’un peu partout, du Sénégal, de pays d’Afrique et d’autres continent à travers le monde.

“+Le Château+ est un centre culturel de quartier, c’est aussi une maison de quartier parce qu’on travaille beaucoup avec les résidents du quartier, les voisins, tous les artistes de Saint-Louis, au niveau national et international”, explique l’artiste visuel sénégalais, co-fondateur de ce lieu avec sa femme Maaike Cotterink Diagne.

Le couple reçoit régulièrement des artistes, mais aussi des chercheurs qui semblent trouver dans cet espace le temps et la concentration nécessaires pour la réflexion.

“Le Château” compte en plus un espace-atelier dédié aux enfants et jeunes désireux de s’initier à la danse traditionnelle, au hip-hop et à toute autre forme de danse.

“C’est pour leur donner l’occasion d’avoir un espace où ils peuvent travailler et créer leur spectacle”, a expliqué Alioune Diagne.

Le centre s’investit aussi dans le soutien scolaire, par le biais de séances de renforcement permettant d’accompagner tous les mercredis les enfants du quartier.

Ils trouvent dans ces locaux un cadre adéquat pour réviser et faire leurs exercices, “Le Château” étant doté d’une petite bibliothèque, en plus d’une scène et d’un espace d’expositions au rez-de-chaussée.

Au premier étage, on retrouve un salon pour réunions et projections de films avec un toit utilisé pour des concerts “After-Show”, en prolongement des soirées culturelles, en plus d’un parc de matériel sons et lumières, de projecteurs et d’une logistique de sonorisation.

“On a un atelier d’art plastique aussi. C’est là où je peins mes tableaux d’art. Mais souvent, il y a des artistes qui viennent pour y travailler”, fait savoir le maître des lieux et directeur artistique.

Le nom “Le Château” est sorti directement de l’imagination d’une stagiaire, a-t-il renseigné.

“En 2012, quand on a eu le bâtiment, on avait une stagiaire. Quand on a découvert les lieux, elle a dit : waouh ! C’est énorme ce bâtiment ! C’est vraiment comme un Château. On était juste en train de rigoler et on s’est dit pourquoi ne pas garder le nom Château parce que c’est joli comme nom, et c’est un bâtiment symbolique”, se remémore Alioune Diagne.

En raison des problèmes de budget, le centre compte actuellement cinq employés, selon son directeur artistique.

Il a toutefois signalé que “Le Château” travaille en étroite collaboration avec l’Institut français de Saint-Louis, tout en collaborant avec d’autres structures d’ici et d’ailleurs.

“Le Château” propose également des résidences spéciales pour les artistes internationaux et des résidences réservées aux artistes locaux.

De même accueille-t-il chaque année le festival “Duo Solo Danse”, un évènement incontournable de la danse contemporaine mettant en lumière l’expression corporelle et qui accueille de nombreux danseurs venant de plusieurs horizons.

Le Festival international du film documentaire de Saint-Louis, appelé “St-Louis’Doc”, y installe aussi son quartier général durant la période de la manifestation prévue cette année du 29 avril au 1er mai prochain.

“Le Château”, espace de résidence, de recherche et de formation pour les artistes locaux, artistes sénégalais et étrangers, participe plus que jamais au rayonnement du patrimoine culturel et artistique de la “vieille ville”.

Alioune Diagne, son co-fondateur, a par ailleurs lancé, en 2008, une compagne de danse contemporaine dénommée Diagn’Art. Une manière, pour ce natif de Saint-Louis, de consolider son engagement pour les spectacles vivants.

CGD/FKS/BK