SENEGAL-CULTURE-REPORTAGE
Dakar, 25 fév (APS) – Le “Carré Culturel”, espace polyvalent construit sur un bâtiment de deux niveaux, dans le quartier des Almadies, à Dakar, semble avoir définitivement trouvé sa vocation, s’imposant de plus en plus comme un lieu d’éclosion de talents littéraires et artistiques.
Le “Carré Culturel” vise à faire vivre et rayonner la culture à Dakar, lieu de résidence depuis plus de trente ans de sa promotrice, l’ex-Première dame du Tchad, Fatimé Raymone Habré, arrivée au Sénégal avec son époux Hissein Habré, à sa chute du pouvoir en 1990.
Cet espace d’environ 350 m2, implanté dans un quartier résidentiel, a l’ambition de contribuer à la promotion de la culture, à travers une maison d’édition, une librairie et une galerie pour exposer les arts visuels, en s’inspirant de références culturelles de nombreux peuples, de voyage, mais en misant aussi sur l’imaginaire, selon sa fondatrice.

Il est ainsi appelé à s’inscrire dans le large réseau des lieux d’exposition de Dakar et viendra consolider une offre diversifiée et complémentaire des sites culturels, a expliqué Fatimé Raymone Habré.
“Le Carré Culturel est un espace qui fait référence à la culture de nombreux peuples, au voyage, à l’imaginaire. C’est une passerelle, un lieu de rencontre. Il est le lieu du patrimoine et de l’histoire”, a-t-elle déclaré à l’APS.
La création de cet espace correspond à la volonté de sa fondatrice de “créer un brassage et d’impulser la vitalité de tous les acteurs de la vie dakaroise, pour créer des liens, des passerelles, des synergies”.
Il s’ouvre sur une librairie dont les rayons, bien garnis, proposent un fond documentaire de plus de deux mille ouvrages, toutes disciplines confondues, sans compter un rayon dédié aux livres d’occasion. Un paradis pour les amoureux du livre.
Une opportunité surtout, de l’avis de Fatimé Raymone Habré, pour les lecteurs de se procurer des ouvrages sur le droit, la religion et d’autres domaines, et à un coût réduit.
Un espace pour conférences, ateliers d’écriture et autres
Lancée depuis deux ans, cette librairie dont les murs sont embellis par des portraits de grandes figures de l’Afrique et de sa diaspora compte également un espace pour enfants.
Grâce à la collaboration avec une association regroupant de fidèles mourides vivant en France, elle présente différents livres traitant de la religion, à l’intention notamment des enfants qui peuvent, par ce biais, mieux connaitre la culture sénégalaise et l’islam en général.
Le “Carré Culturel” compte aussi une maison d’édition pour accompagner les acteurs du livre, notamment les jeunes écrivains, l’ambition de la promotrice étant de faciliter chaque étape du projet littéraire d’un débutant ou même d’un écrivain plus expérimenté.

Le bâtiment abrite en même temps un espace dédié aux conférences, aux ateliers d’écriture, un café littéraire et un coin réservé aux événements culturels pouvant enrichir les connaissances de visiteurs.
Un coin dédié à l’artisanat expose le savoir-faire des artisans sénégalais : sacs fabriqués avec du wax et du cuir, ou encore des jets de bureaux, porte-documents, entre autres objets.
“Nous avons noué une convention avec eux [les artisans], nous achetons leurs objets que nous venons proposer à nos visiteurs, car nous sommes dans une zone où il y a beaucoup d’hôtels”, explique-t-elle, en insistant sur l’importance de promouvoir les œuvres des artistes sénégalais voire africains.
Fatimé Raymone Habré juge ce partenariat avec les artisans locaux d’une “importance capitale”.
Sur les traces des peuples nomades
La galerie du ‘’Carré Culturel’’ semble fonctionner à partir du même principe en abritant des expositions temporaires organisées par des artistes locaux et internationaux.
Dans le même espace, une installation en cours, dénommée “Sur les traces des peuples nomades”, vient rappeler que l’ex-Première dame du Tchad n’a pas oublié ses origines nomades.
A travers une scénographie inspirante et informative, cette installation offre au public un aperçu réel de la vie des peuples nomades africains dans le désert.
Elle donne au visiteur l’occasion de se retrouver virtuellement en face d’un grand chameau placé près d’une case meublée et bien décorée, rappelant une oasis dans le désert, avec à côté une table garnie des mets et produits tels que des dattes, céréales et viandes séchées, spécialités du Tchad, ou encore des sucrières.
Tous les plats séchés, exposés sur la table, lèvent le voile sur la vie sans électricité dans le désert, à laquelle les nomades se sont adaptés depuis la nuit de temps.
“Etant aussi d’origine nomade, et ayant constaté lors mes échanges que les gens ne connaissaient pas les peuples nomades et avaient sur eux des préjugés, on s’est dit que ce serait intéressant de montrer qui ils sont. Ce sont des gens qui s’adaptent à l’essentiel”, fait-elle valoir.
L’exposition propose aussi des photos en couleur ou en noir et blanc plaquées sur un mur. Un rappel du paysage tchadien. Comme cette bande dessinée qui invite à admirer la vie d’un enfant avec ses parents dans une oasis.

Des photos mettent en même temps en exergue différents styles vestimentaires du Tchad, dont une tenue de chef complétée par un turban porté de façon particulière, pour qu’il soit possible de dissocier le maître de ses sujets.
“Personne ne peut porter le turban à la manière dont le chef le porte. Quand vous le regardez, vous pouvez facilement le différencier de ses sujets”, explique Mme Habré.
L’exposition présente en particulier deux mannequins placés à côté d’une case, vêtus des tenues traditionnelles tchadiennes matérialisant toute la richesse du style vestimentaire des peuples nomades.
“J’ai fait la conception et ensuite les artistes ont travaillé le contenu avec des objets venus du Tchad”, précise Fatimé Raymonde Habré en désignant l’image d’une femme avec ses bijoux en argent. “La tenue, on l’a fait ici, c’est classique, c’est comme au Sénégal”, dit-elle.

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