SENEGAL-MEDIAS-STRATEGIES
Dakar, 27 fév (APS) –Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a procédé, vendredi, au lancement de deux nouveaux supports médiatiques institutionnels en langue Arabe, à travers la présentation du magazine Al Massira (La Marche, en arabe), mensuel édité par le département, et la mise en place d’un hebdomadaire en arabe au sein du quotidien national Le Soleil.
Ces initiatives vont dans le sens de faire de la langue arabe un “vecteur reconnu de communication institutionnelle, d’inclusion informationnelle et de coopération internationale”, a expliqué le ministre Alioune Sall, en procédant au lancement officiel de ces supports médiatiques, à côté de la secrétaire d’Etat porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye.
Des ambassadeurs et représentants de pays arabes accrédités à Dakar, des spécialistes et enseignants de langue Arabe, des journalistes arabophones, des acteurs institutionnels ont notamment pris part à cette rencontre qui ambitionne de consacrer la langue arabe comme “levier d’inclusion linguistique dans la communication publique”; a-t-on appris des initiateurs.
Le ministre en charge de la Communication a aussi indiqué que ce programme se veut de “réduire les inégalités d’accès à l’information pour les citoyens alphabétisés en arabe, en positionnant les médias publics arabophones comme instruments de cohésion nationale”.
Rappelant le rôle de la langue arabe dans l’histoire savante du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest à travers des villes intellectuelles comme Pire et Tombouctou, le directeur de la Communication Habibou Dia a souligné que la prise en compte de cette langue sémitique dans les politiques de communication publique “ne relève plus d’une approche symbolique, mais d’une adaptation nécessaire de l’action institutionnelle à la configuration sociolinguistique nationale”.
“Pas un journal religieux”
‘’Loin d’être limitée à la sphère cultuelle, l’arabe constitue un vecteur de savoir, de socialisation intellectuelle et de circulation de l’information pour une frange significative des citoyens’’, a-t-il martelé.

Selon lui, dans un contexte de renforcement des relations diplomatiques, économiques et culturelles du Sénégal avec les pays arabes (OCI, COMIAC, partenariats bilatéraux), la valorisation de l’arabe constitue également un instrument de diplomatie publique.
Le directeur général du quotidien national Le Soleil, Lamine Niang a, pour sa part, rappelé le rôle du service public de l’information du journal qu’il dirige afin de justifier cette décision d’éditer un hebdomadaire en arabe, en faisant allusion aux communautés sénégalaises scolarisées en langue arabe.
Evoquant le dynamisme de la langue arabe qu’il cite comme la langue officielle de plus de 20 pays arabes dont des puissances diplomatiques et économiques régionales, et dans les institutions internationales, il a fait savoir que cette ouverture des pouvoirs publics “reflète un choix géopolitique et culturel”.
Lamine Niang a toutefois précisé que l’hebdomadaire qui sort en arabe “n’est pas un journal religieux, mais un travail éditorial réfléchi en amont, traitant de tous les sujets comme un journal classique”.
Il a par ailleurs invité l’élite arabophone qui se disait “longtemps marginalisée dans les politiques publiques à s’approprier de cette initiative”.
SMD/MTN

