SENEGAL-AGRICULTURE-ENVIRONNEMENT
Dakar, 9 avr (APS) – La transition agroécologique est un levier essentiel sur lequel il est possible d’agir pour structurer durablement les marchés agricoles et promouvoir la souveraineté alimentaire, a soutenu, jeudi, Déthié Diop, un responsable du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique.
“La transition agroécologique constitue un levier essentiel pour structurer durablement les marchés agricoles et promouvoir la souveraineté alimentaire”, a notamment déclaré M. Diop, coordonnateur des centres d’éducation environnementale et du jardin ethnobotanique de Hann et de Fandène.
Il intervenait en tant que panéliste à la journée spéciale dédiée à la DER/FJ, pour le compte de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA), qui se tient jusqu’au 20 avril au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES).
Cette journée, présidée par la déléguée générale de la DER/FJ, Aïda Mbodji, portait sur le thème “L’agroécologie pour une souveraineté alimentaire face aux changements climatiques”.
M. Diop a posé la problématique de la structuration des marchés, en s’interrogeant sur la nécessité de transformer d’abord les pratiques agricoles ou d’organiser les débouchés commerciaux pour accompagner cette mutation.
Il a plaidé pour une approche intégrée reposant sur la transition agroécologique, une passerelle incontournable pour faire émerger une nouvelle génération de “champions agricoles”.
Abordant les sous-thèmes liés à l’ethnobotanique et aux énergies nouvelles et renouvelables, il a souligné que ces dimensions sont essentielles nécessaires à une transition agroécologique adaptée aux réalités locales.
Selon lui, le Sénégal dispose d’importants atouts dans ce domaine, dont un potentiel solaire estimé à près de 3.000 heures d’ensoleillement par an.
Le potentiel éolien favorable du pays peut aider à soutenir les activités agricoles, aussi bien en amont qu’en aval.
“Ces ressources énergétiques doivent être mises à contribution pour accompagner les exploitations agricoles, notamment dans l’irrigation, la transformation et la conservation”, a-t-il indiqué.
M. Diop a également insisté sur la nécessité de promouvoir l’entrepreneuriat agroécologique, en s’appuyant sur une bonne compréhension des concepts de transition écologique, énergétique et agroécologique.
Il a relevé que le retour à la terre, de plus en plus observé chez les jeunes, se heurte toutefois à plusieurs contraintes, dont un contexte géopolitique défavorable, la dépendance aux intrants chimiques et certaines approches inadaptées de l’agriculture biologique.
Face à ces défis, il préconise une agriculture fondée sur des pratiques durables, valorisant les ressources locales et les savoirs endogènes, tout en intégrant les apports des sciences modernes.
L’agroécologie, a-t-il expliqué, vise à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et leur environnement, en tenant compte des spécificités de chaque terroir.
Dans cette perspective, il a recommandé plusieurs pistes d’action, parmi lesquelles la promotion des biofertilisants, le développement de l’ethnobotanique, la conservation de la biomasse, l’intégration agriculture-élevage et la gestion rationnelle des ressources en eau.
Il a également insisté sur l’importance de recourir aux énergies renouvelables pour faciliter l’accès à l’eau et soutenir la production d’intrants biologiques et de biocarburants.
Pour M. Diop, la réussite de la transition agroécologique passe par une mobilisation des acteurs et une meilleure appropriation des concepts par les jeunes entrepreneurs agricoles.
“L’agroécologie apparaît ainsi comme une voie prometteuse pour bâtir une agriculture résiliente, compétitive et respectueuse de l’environnement”, a-t-il conclu.
AN/BK

