SENEGAL-PRESSE-REVUE
Dakar, 18 août (APS) – Les quotidiens parvenus mardi à l’APS s’intéressent principalement à l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution relatif à la déclaration de patrimoine du chef de l’Etat, un texte qui va être soumis à référendum, annonce le garde des Sceaux.
Les députés de la 15e législature ont approuvé, à une large majorité de 133 voix pour et 2 contre, une proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution relatif à la déclaration de patrimoine du chef de l’Etat, rapporte Le Soleil, en même temps que la plupart des quotidiens.
“Au cours des travaux, écrit Le Soleil, le gouvernement, à travers son amendement, a décidé d’étendre l’obligation de soumettre une déclaration de patrimoine, au début et à la fin des fonctions, au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale”.
Intervenant à l’occasion du vote de cette proposition de loi, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, a annoncé que le président de la République avait décidé de soumettre ce texte à référendum.
“Cette démarche vise à l’intégrer dans une démarche plus globale prenant en compte les exigences d’une vraie réforme constitutionnelle […]”. De cette manière, “le gouvernement souhaite que la déclaration de patrimoine soit également érigée en pièce constitutive du dossier de candidature à l’élection présidentielle”, ajoute le journal, citant Me Moussa Sarr.
Le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale seront désormais soumis aux mêmes règles que le chef de l’Etat concernant la déclaration de patrimoine, résume le journal Le Quotidien.
Si dans la proposition de loi initiale, seul le président de la République était tenu de déposer, dans les trois mois suivant sa prestation de serment, une déclaration écrite de patrimoine auprès du Conseil constitutionnel et d’effectuer une nouvelle déclaration dans les trois mois suivant la cessation de ses fonctions, avec l’amendement du gouvernement, ces règles sont désormais applicables au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale, précise Le Quotidien.
La plupart des quotidiens, à l’image de Vox Populi, retiennent surtout la décision du président de la République, annoncée par le garde des Sceaux, de soumettre à référendum le texte ainsi voté par l’Assemblée nationale.
“Diomaye opte pour le référendum”, affiche à ce sujet le quotidien L’As, selon lequel la décision du président de la République de passer par la voie référendaire “constitue le principal tournant du débat engagé autour de la déclaration de patrimoine et ouvre la voie à une réforme constitutionnelle soumise directement à l’approbation du peuple”.
“Le référendum en ligne de mire”, renchérit Sud Quotidien. Le journal, citant le garde des Sceaux, rapporte que le chef de l’Etat “souhaite que la déclaration de patrimoine soit intégrée au dossier de candidature à l’élection présidentielle, sous peine d’irrecevabilité”.
“L’objectif affiché est d’assurer la transparence non seulement avant l’élection mais également au début et au terme de l’exercice des fonctions”, explique Sud Quotidien.
Les quotidiens, en plus de ce sujet, s’intéressent à l’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire dans une affaire portant sur un marché d’électrification rurale impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et la société espagnole AEE Power.
“Plusieurs chefs d’accusation gravissimes, allant du détournement de deniers publics au blanchiment de capitaux, sont visés” dans cette affaire faisant suite à une plainte déposée en octobre 2025 par le député Thierno Alassane Sall, signale Le Quotidien.
Il s’agit d’une “nouvelle tournure judiciaire”, après une enquête préliminaire menée par la section de recherches de la gendarmerie de Dakar, note le quotidien L’As. Tribune rapporte, sans ménagement, que le Pool judiciaire financier “lance la traque des détourneurs des 37 milliards de l’ASER”.
“Alors que les accusations et contre-accusations entre les parties vont bon train, le parquet financier du Pool judiciaire financier (PJF), au terme d’une enquête préliminaire confiée à la DIC, envoie l’affaire en instruction et vise plusieurs chefs d’accusation”, relève WalfQuotidien, en affichant à sa une : “La machine judiciaire s’emballe”.
Dans son réquisitoire introductif, le parquet financier “vise AEE Power Espagne et ses dirigeants pour une longue liste d’incriminations, mais aussi AEE Power Sénégal et ses dirigeants pour faux en écritures publiques et privées, entre autres”, précise le quotidien Libération.
Selon la même publication, le parquet financier “a aussi demandé l’envoi d’une commission rogatoire en Espagne, une délégation judiciaire à la [section de recherches de la gendarmerie] et des mesures conservatoires”.
“Gros risque d’électrocution pour ceux qui ont les mains mouillés”, affiche Vox Populi, pour mesurer, par la force de l’image, l’importance des accusations à l’encontre des mis en cause dans ce dossier.
BK/HK
