SENEGAL-PRESSE-REVUE
Dakar, 18 mars (APS) – “La blague du siècle !” (Le Soleil), “La grosse farce continentale” (Walfquotidien), “Ri-di-cule !” (Libération) : les quotidiens parvenus mercredi à l’APS manquent de mots pour qualifier la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de déclarer le Maroc vainqueur de l’édition 2025 de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football au détriment du Sénégal.
Cette instance de la CAF, réunie hier, mardi, s’est dit appuyer sur les articles 82 et 84 du Règlement de la CAN pour déclarer le Sénégal forfait, le résultat de la finale étant homologué sur le score de 3-0 en faveur du Maroc, rapporte Le quotidien Le Soleil.
Le journal dénonce une “vaine tentative de réécriture de l’histoire”, avant d’annoncer que la Fédération sénégalaise de football (FSF) a décidé de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) au sujet de cette décision.
“Scandaleux !”, s’émeut à propos Sud Quotidien, selon lequel “la FSF adresse à la fois à la CAF une mise en demeure avant recours au Tribunal arbitral du sport (TAS) et une demande de sursis à exécution”.
Le journal signale dans le même temps que la décision du jury d’appel de la CAF annule celle du jury disciplinaire qui avait confirmé la victoire sénégalaise tout en prenant des sanctions contre les deux sélections, en lien avec les incidents enregistrés lors de la finale jouée le 18 janvier dernier.
Les joueurs sénégalais avaient un moment déserté la pelouse volontairement pour protester contre la décision de l’arbitre d’attribuer un penalty litigieux, dans les toutes dernières secondes du match, en faveur du pays organisateur.
Après une dizaine de minutes de flottement, ils étaient revenus des vestiaires pour terminer la rencontre, avant de la remporter dans les prolongations.
“Pour satisfaire Faouzi Lekjaa”, le président de la Fédération royale marocaine de football, Patrice Motsepe, qui dirige la Confédération africaine de football, “décrédibilise le football africain et tend vers l’autodestruction”, peut-on lire à la une du quotidien L’info, à l’appui de la manchette suivante : “La CAF insulte l’intelligence des Africains”.
Le journal Le Quotidien estime que la CAF met “les pieds dans le tapis vert”, non sans dénoncer “un verdict royal du jury d’appel pour les Marocains”. Libération explique, de son côté, “comment la FSF a été mise devant le fait accompli après une audience virtuelle bâclée pour exécuter une commande”.
“On sentait venir. Au début du mois de mars, le Djiboutien Acine Othman Robleh, président de l’organe judiciaire de la CAF, a été limogé de ses fonctions alors qu’il était en poste depuis six ans”, écrit Walfquotidien.
“Des voix s’étaient levées pour fustiger les sanctions infligées au Sénégal jugées indulgentes alors que le Maroc voulait que ‘les champions d’Afrique en titre soient déchus de leur titre voire disqualifiés de la Coupe du monde 2026′”, ajoute le journal.
Il fait observer que la CAF “semble suivre le Royaume chérifien dans son vœu en acceptant de recevoir son recours avant de faire le ménage au sein de la commission de discipline. La voie semblait [alors] toute balisée pour cette décision ridicule”.
“Décision inique, indignation mondiale”, résume le quotidien Les Echos à sa une, Tribune relayant quelques réactions de figures du football, dont le technique français Claude Leroy. “Je ne pouvais pas penser que la CAF [irait] aussi loin dans le grand guignolesque”, dit l’ancien sélectionneur des Lions du Sénégal dans les années 1990.
“Ce n’est plus seulement une injustice. C’est une gifle. Une humiliation infligée à tout un peuple, à tous ceux qui croient encore que le football africain peut se construire sur des valeurs d’équité et de mérite”, écrit le commentateur du quotidien L’As, en parlant de la la décision du jury disciplinaire de la CAF de déclarer le Maroc vainqueur sur tapis vert.
Il ajoute : “Sur le terrain, les Lions du Sénégal ont combattu avec honneur. Ils ont gagné avec cœur. Mais visiblement, cela ne suffit plus. Désormais, les matchs ne se jouent plus sur la pelouse”.
BK/FKS

