SÉNÉGAL-ECONOMIE-AGRICULTURE
Dakar, 20 oct (APS) -La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entend améliorer l’efficacité, la réactivité et la durabilité de sa réserve régionale de sécurité alimentaire, notamment à travers un mécanisme de financement prévisible couvrant la constitution des stocks, les interventions d’urgence et leur renouvellement, a déclaré, mardi à Dakar, son commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture, Dehpué Yenpea Zuo.
‘’La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest entend améliorer l’efficacité, la réactivité et la durabilité de sa réserve régionale de sécurité alimentaire, notamment à travers un mécanisme de financement prévisible couvrant la constitution des stocks, les interventions d’urgence et leur renouvellement’’, a dit M. Zuo.
Il s’exprimait lors de la troisième réunion du comité de pilotage du processus de révision de la stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire, en présence de représentants d’institutions régionales, d’organisations de producteurs et de partenaires techniques et financiers.
Le commissaire a souligné la nécessité d’adapter les mécanismes régionaux de stockage aux besoins des États et des populations confrontés aux crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales.
Adoptée en 2012 dans le cadre de la politique agricole de la CEDEAO, la stratégie régionale de stockage repose sur la complémentarité entre les stocks de proximité gérés par les organisations de producteurs, les réserves nationales des États membres et la réserve régionale de sécurité alimentaire, opérationnelle depuis 2016.
Selon M. Zuo, les acquis enregistrés au cours de la mise en œuvre de cette stratégie constituent une base pour améliorer les instruments régionaux de solidarité et tirer les enseignements de leur fonctionnement.
Il a insisté sur la nécessité de clarifier les rôles des différents niveaux de stockage et de définir des critères d’intervention régionale fondés sur les principes de solidarité, de subsidiarité et de complémentarité.
De plus, il a plaidé pour un mécanisme de financement cohérent et durable, garantissant des ressources suffisantes, prévisibles et disponibles à temps pour constituer les stocks, répondre aux urgences et assurer leur renouvellement après les interventions.
L’amélioration de la gouvernance et des procédures de décision figure également parmi les priorités du processus de révision, qui doit permettre de rendre les interventions plus efficaces et mieux adaptées aux besoins des populations.
Dehpué Yenpea Zuo a invité les participants à formuler des propositions concrètes devant orienter les équipes techniques et préparer les prochaines étapes de validation et de prise de décision.
Le secrétaire exécutif du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), Dr Abdoulaye Mouhamadou, a lui aussi relevé les défis liés à la gouvernance, au cadre institutionnel et au modèle économique du dispositif régional.
Il a souligné que la révision de la stratégie devait permettre de mieux articuler les différents niveaux de stockage avec les plans nationaux de réponse aux crises alimentaires.
De son côté, le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Ousmane Mbaye, a mis en avant le rôle du Sénégal dans les mécanismes nationaux et régionaux de prévention et de gestion des crises alimentaires.
Il a rappelé que le pays disposait de plusieurs structures nationales dédiées à la sécurité alimentaire et à la nutrition, tout en participant aux mécanismes régionaux de prévention des crises et en accueillant des stocks de la réserve régionale.
Le processus de révision, engagé en 2025 par la CEDEAO, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le CILSS, vise à adapter la stratégie et les modalités de fonctionnement de la réserve aux évolutions du contexte régional.
AN/SBS/HK/MTN

