SENEGAL-CULTURE-INFRASTRUCTURE-REPORTAGE
Kaffrine, 7 sept (APS) – Des artisans de Kaffrine (centre) réclament l’achèvement du village artisanal, à l’arrêt depuis plusieurs années, considérant cet espace comme un levier clé de développement économique et touristique pour la région.
À l’entrée du site, l’enseigne ”village artisanal” s’efface déjà sous le soleil, tandis qu’un vaste espace verdoyant révèle des infrastructures inachevées.
Sur la gauche, un menuisier occupe un atelier provisoire, à côté d’un bâtiment administratif hébergeant depuis 2023 la Chambre des métiers de Kaffrine.
À l’intérieur, les signes d’un chantier à l’arrêt sont flagrants : portes closes, toilettes inutilisables, absence d’électricité et d’eau, cantines numérotées mais déjà abimées, notamment au niveau des portes.
Le décor caractéristique d’un village artisanal est bien planté : cantines, sanitaires et bâtiments, mais l’ensemble reste inachevé et peu entretenu.

Les travaux du village artisanal de Kaffrine ont démarré vers 2017-2018, mais le chantier est marqué par des arrêts répétés et des changements d’entrepreneurs.
Pour Pape Demba Wade, vice-président de l’association des bijoutiers de Kaffrine, cette attente est devenue insupportable.
”Depuis des années, Kaffrine ne dispose pas véritablement d’un village artisanal”, rappelle-t-il, évoquant un projet amorcé sous Abdoulaye Wade (2000-2012), mais resté en suspens depuis.

Dans un petit atelier du marché central de Kaffrine, un bijoutier d’une cinquantaine d’années, en sueur et concentré sur une bague commandée, se confie la difficulté croissante de son métier.
”Nous sommes fatigués de cohabiter avec les autres corps de métiers. Il nous faut un espace dédié dans le village artisanal”, plaide-t-il, dénonçant aussi le coût élevé des matières premières et le manque de soutien à leurs activités.
À son avis, Kaffrine mérite un village artisanal moderne et fonctionnel, à l’image de Kaolack.
Même constat chez les cordonniers. Dans le hall du marché, Modou Gaye fabrique des chaussures à l’air libre, dans des conditions qu’il juge particulièrement éprouvantes.
”Notre travail est très difficile, parce que nous n’avons pas d’atelier”, confie-t-il, convaincu que le village artisanal offrirait enfin aux artisans un cadre adapté pour valoriser leur savoir-faire.
Au-delà des locaux, les acteurs voient dans ce projet un véritable levier économique et touristique.
Ils estiment qu’un site fonctionnel permettrait de regrouper les métiers, d’améliorer les conditions de travail, de faciliter l’exposition et la vente des produits et de présenter aux visiteurs un savoir-faire local.
Les artistes plasticiens, eux aussi, appellent à l’achèvement de l’infrastructure et à la mise en place d’un espace propice à la création et à la promotion de leurs œuvres.



CTS/HB/ASB/BK
