SENEGAL-MUSIQUE
Dakar, 1er fév (APS) – L’Association de la presse culturelle du Sénégal (APCS) et le Musée des civilisations noires (MCN) de Dakar ont rendu hommage à la chanteuse de jazz Aminata Fall (1930-2002), lors d’une cérémonie au cours de laquelle le secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bacary Sarr, s’est souvenu de son ‘’identité forte’’, de sa ‘’rigueur musicale’’ et sa ‘’liberté d’interprétation’’.
‘’Dans le jazz sénégalais, elle a imposé une identité forte mêlant rigueur musicale, liberté d’interprétation et profondeur émotionnelle’’, a témoigné M. Sarr en présence de plusieurs personnalités du monde de la culture, de membres de la famille d’Aminata Fall et de nombreux artistes.
‘’Aminata Fall fut une voix singulière’’, a rappelé Bacary Sarr, se souvenant de sa ‘’rare présence scénique, qui portait en elle les échos du jazz, du blues, des musiques africaines et afro-diasporiques, tout en leur donnant une couleur profondément sénégalaise’’.
Il a dit se souvenir aussi de son ‘’excellence artistique’’ fondée sur ‘’le travail, la discipline et une grande sensibilité humaine’’.

Le secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bacary Sarr
Aminata Fall a donné la preuve que les femmes sénégalaises avaient des rôles majeurs à jouer dans les arts scéniques et les orchestres, selon le secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique.
‘’Son parcours [est] un héritage collectif’’, a-t-il ajouté, se réjouissant de l’hommage rendu par l’APCS et le MCN à ‘’cette figure d’envergure, [qui] ne doit pas être reléguée au silence’’.
Le film documentaire ‘’Blues pour une diva’’ (1999), du réalisateur Moussa Sène Absa, a été projeté lors de la cérémonie. ‘’Aminata Fall : lumière sur l’héritage d’une diva’’ était le thème de cette rencontre dédiée à la défunte chanteuse.
‘’Elle a cassé une barrière que la société sénégalaise a imposée [aux femmes]’’, a témoigné Sène, faisant allusion au caractère singulier de la pratique du jazz par une femme au Sénégal, à une certaine époque.

Le professeur de littérature africaine Ibrahima Wane a évoqué ‘’la capacité’’ de la chanteuse ‘’à dire l’essentiel, à saisir l’essentiel d’un moment’’. À son avis, Aminata Fall reste ‘’une figure de la musique sénégalaise naissante’’, qui cherchait à raconter la société avec ‘’ses propres langues et ses propres mots’’.
‘’L’audace d’Aminata Fall est à saluer, car c’est la première femme qui s’est lancée et qui a bravé les préjugés […] C’est un acte de courage’’, a analysé le journaliste culturel Baba Diop. D’après lui, par sa pratique du jazz, Aminata Fall a relié ‘’deux rivages, l’Amérique et le Sénégal’’.
Selon une note biographique reçue de l’APCS et du MCN, Aminata Fall a pris sa retraite du Théâtre national Daniel-Sorano, où il a travaillé pendant vingt ans. Elle a participé au premier Festival mondial des arts nègres (1966) et au Festival panafricain d’Alger (1969), aux côtés de grands musiciens, dont Miriam Makeba (1932-2008) et Manu Dibango (1933-2020).
La chanteuse a prêté sa voix à beaucoup de films, dont ‘’Touki Bouki’’ (1973) de Djibril Diop Mambety (1945-1998). Décédée en 2002, à Saint-Louis (nord), elle repose au cimetière Thiaka-Ndiaye de la même ville.
AMN/ESF

