SENEGAL-MUSIQUE-PARCOURS
Dakar, 7 mai (APS) – Les rappeurs sénégalais Didier Awadi et Duggy Tee du Positive Black Soul (PBS) ont souligné l’importance du rôle attendu d’un manager d’artiste, consistant à transformer un projet artistique en carrière viable.
Les deux artistes ont partagé leur expérience avec des jeunes artistes, mercredi, à Dakar, sur le thème “Développement et gestion de carrière : tips et storytelling”, dans le cadre de la cinquième édition du festival Stéréo Africa, organisée au centre culturel Blaise Senghor.
Pour Duggy Tee, l’artiste qui compte aller loin dans sa carrière a intérêt à avoir un manager. C’est même “obligatoire”, a-t-il lancé, justifiant son point de vue par le fait qu’il revient manager de tout coordonner, les aspects créatifs, commerciaux et juridiques.
“C’est le manager qui te met dans ton confort pour que tu sois productif et vraiment zen à l’heure d’exécuter ton art. C’est celui qui te couvre, qui te met à l’aise pour que tu sois concentré sur ton art, sur ta musique et ne t’occupe pas de paperasse”, a expliqué Duggy Tee.
Le manager est à l’artiste ce que le mécanicien représente pour une voiture, a-t-il dit dans une formule imagée.
“L’artiste, son art, c’est comme une voiture, et le manager, c’est le mécanicien qui fixe cette voiture. Donc, s’il veut aller loin avec cette voiture, il a intérêt à avoir un manager”, a-t-il fait valoir devant le président de l’Association des managers et agents d’artistes du Sénégal, Moustapha Ndiaye.

Le rappeur a laissé entendre que les artistes qui ne veulent pas avoir de manager sont surtout guidés par la cupidité.
“Si tu as un bon manager, tout dépend de la discussion, des accords que vous avez eus, mais il t’enlève un gros poids pour que tu sois vraiment focus sur ce que tu fais de mieux”, recommande-t-il.
Son compère Didier Awadi précise qu’en début de carrière, l’artiste n’a pas besoin de manager tant qu’il n’a pas un produit à vendre.
“En début de carrière, quand on est en train de créer une œuvre, on n’a pas forcément besoin de ce manager. Il faut qu’il y ait un produit à vendre, à manager et ce produit peut être une tournée, un disque, c’est là qu’il sera efficace”, a-t-il souligné.
Le duo fondateur du groupe Positive Black Soul (PBS), fort de son parcours de 37 ans dans le monde de la musique, conseille aux jeunes artistes d’éviter de prendre un manager en se basant sur des relations d’amitiés ou des liens personnels. Le manager doit avoir fait des études poussées lui permettant d’avoir l’expertise nécessaire pour gérer la complexité d’une carrière artistique, ont-ils indiqué.
“Si déjà, au début, tu veux prendre quelqu’un qui n’y connait rien, parce que c’est ton ami qui est allé à l’université, ce n’est pas un manager, c’est ton copain. Un manager, la plupart de nos managers, ne sont pas formés”, regrette Awadi, selon qui un manager doit être plutôt “un homme de confiance” bien formé qui connait le métier.
Il avertit toutefois : “Très souvent, on a l’impression que le manager doit tout faire pour nous. On se trompe aussi. Si tu ne fais pas ta part du métier, le manager ne peut pas inventer ce qui n’existe pas. Il manage ce qui existe. Et après, on confond le manager avec son boy, avec sa bonne”.
Plusieurs pionniers du rap sénégalais sont revenus sur leur carrière au cours de cette histoire, histoire pour inspirer les plus jeunes.
Ils ont remercié l’artiste Iba Gaye Massar, qui a compté parmi les premiers conseillers de nombreux artistes sénégalais, mais également des ténors de la musique sénégalaise et leurs managers qui leur ont donné un coup de pouce au tout début de leur carrière.
“Ce métier-là est tellement beau. Et les moments d’échec sont des moments de belles expériences à avoir avec soi pour voir mieux le futur”, a fait valoir Didier Awadi.
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