Festival Films Femmes Afrique :”La Légende de la reine vagabonde de Lagos” sacré meilleur long métrage
Festival Films Femmes Afrique :”La Légende de la reine vagabonde de Lagos” sacré meilleur long métrage

SENEGAL-MONDE-CINEMA

Dakar, 19 avr (APS) – Le film ”La Légende de la reine vagabonde de Lagos”, du collectif nigérian Agbajowo, a remporté, le prix du meilleur long métrage de la 7e édition du Festival Films Femmes Afrique, a constaté l’APS.

‎D’une durée de plus d’une heure, l’œuvre a séduit le jury des professionnels du cinéma, présidé par la cinéaste sénégalaise Joséphine Mboup, qui a salué un film constituant ”un véritable appel à l’action”, dénonçant les injustices systémiques affectant les communautés marginalisées.

Le long métrage met en scène une héroïne à la fois fragile et symbolique, portée par sa communauté, dans un récit ancré dans des enjeux contemporains liés au droit d’exister et d’habiter.

‎”Ce festival marque une étape supplémentaire dans un mouvement que rien ne semble désormais pouvoir arrêter”, a déclaré Mme Mboup lors de la cérémonie de clôture, organisée, samedi à Dakar, autour du thème : ”Femmes en premières lignes : engagement, démocratie et égalité des genres”.‎

Les activités du festival se poursuivent jusqu’au 28 avril dans plusieurs régions du Sénégal.‎

La cérémonie a également été marquée par la projection du film ”La Rumba congolaise : les héroïnes” de la réalisatrice Yamina Benguigui, en présence de représentants diplomatiques, notamment de la Tunisie, du Luxembourg, de la Palestine, de la République démocratique du Congo et de Wallonie-Bruxelles.

‎Deux courts métrages issus d’un atelier de formation initié par la plateforme Kino Linguère ont aussi été présentés : ”La dernière leçon” de Nicole Thiaw et ”À travers ces femmes” d’Awa Diedhiou, une jeune réalisatrice vivant avec un handicap. Quinze femmes ont bénéficié de cette formation de deux jours.

Selon Joséphine Mboup, cette dynamique traduit ”une présence affirmée, assumée et inspirante des femmes dans le sous-secteur du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique”.

‎Dans la catégorie court métrage, une mention spéciale a été décernée à ”Mme Faïze et Dr Love” de la réalisatrice Anissa Daoud, tandis que le prix du meilleur court métrage est revenu à ”Les larmes de l’absence” du Sénégalais Mor Talla Ndione.

Ce dernier a expliqué que son film met en lumière les conséquences de la migration du point de vue des femmes et des familles restées au pays. ”On parle souvent de ceux qui traversent la mer, mais rarement des femmes et des enfants qui attendent pendant 15 ou 20 ans”, a-t-il souligné, saluant une distinction qui récompense ”un travail de longue haleine”.

Le prix de la critique, également attribué par le public, est revenu au film ”La voix de Hind Rajab” de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, l’une des innovations de cette édition.

‎Le prix de la meilleure première œuvre a été décerné à ”Didy” de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors.

‎Prenant la parole, la directrice de Kino Linguère a invité le public à s’approprier les œuvres présentées. ”Les films que vous découvrez portent des voix, des regards, des vécus. Comme tout geste artistique, ils vous appartiennent aussi”, a-t-elle indiqué.

‎Elle s’est par ailleurs félicitée du parcours de certains films issus des éditions précédentes, insistant sur l’importance de ce réseau de créatrices fondé sur la collaboration, la solidarité et le partage d’expériences.

AMN/MK/