SENEGAL-ELEVAGE
Dakar, 24 avr (APS) – Des éleveurs ont décrié l’impact des plantes toxiques sur le pastoralisme et ont fait des recommandations visant à sensibiliser les éleveurs, lors d’un atelier du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS), à Dakar.
L’atelier de quatre jours a été consacré à la restitution d’une étude consacrée à l’impact des plantes toxiques sur les parcours naturels du bétail. Cette étude, une initiative du PRAPS, a été menée conjointement par le Centre de suivi écologique de Dakar et l’Institut sénégalais de recherches agricoles.
L’atelier portait également sur les directives de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en faveur d’une gouvernance responsable des régimes fonciers. Les participants ont discuté aussi du Code pastoral et de la loi d’orientation agrosylvopastorale, ainsi que de ses décrets d’application en cours d’élaboration.
Youssoupha Ba, un spécialiste du pastoralisme et de la gestion des ressources naturelles au PRAPS, a relevé la toxicité de certaines plantes en train de coloniser les zones d’élevage.

Moussa Sow, représentant de RBM Sénégal, une plateforme de défense des intérêts d’éleveurs de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest
‘’Les changements climatiques et les actions anthropiques ont entraîné des dégradations de zones de pâturage. Les plantes envahissantes des parcours naturels du bétail aussi engendrent des ravages […] Il fallait, par une étude scientifique, permettre aux gens de mieux connaître ces plantes, sur les plans botanique et écologique’’, a expliqué M. Ba.
Les auteurs de l’étude ont fait des propositions, dont ‘’la gestion holistique des parcours’’ du bétail, le pâturage tournant, le reboisement et les mises en défens.
Moussa Sow, un représentant de RBM Sénégal, une plateforme de défense des intérêts d’éleveurs membres du réseau régional Billital Maroobé Afrique, présent dans 12 pays ouest-africains, soutient ces propositions.
Les plantes en question engendrent ‘’la mortalité du cheptel et réduisent […] la durée de vie des herbes, la productivité en lait et en viande’’, a-t-il signalé. D’après lui, elles retardent aussi la gestation des animaux.

Lamine Samaké, un expert de la FAO
Lamine Samaké, un expert de la FAO, s’est surtout préoccupé des conflits ayant un lien avec la terre – les espaces d’élevage et/ou d’agriculture. À son avis, l’atelier a permis d’affiner la compréhension que les éleveurs et les experts ont des directives des États de la région en matière de gouvernance foncière. Ils ont aiguisé leurs connaissances, d’autant plus que les discussions portaient sur le foncier coutumier et la législation sénégalaise relative à la terre, d’après M. Samaké.
Concernant ce sujet, l’objectif de l’atelier était de favoriser l’appropriation du droit et des règles coutumières, afin de prévenir les conflits, a-t-il dit.
‘’Nous avons eu l’honneur de clôturer un atelier de quatre jours, qui nous a permis de collaborer avec RBM Sénégal et le PRAPS, pour discuter des plantes toxiques et parler de la gouvernance des ressources foncières’’, s’est réjoui Lamine Samaké.
Khady Kane, cheffe de la division chargée de la sécurité alimentaire du cheptel, à la direction générale de l’élevage, a salué la qualité des échanges.
Le Code pastoral et ses décrets d’application prennent en compte beaucoup d’aspects qui avaient été omis par les pouvoirs publics, a-t-elle signalé.

Khady Kane, cheffe de la division chargée de la sécurité alimentaire du cheptel (ministère de l’Élevage)
‘’L’urbanisation et l’agrobusiness réduisent chaque jour les zones pastorales disponibles et contraignent les éleveurs à empiéter sur les espaces agricoles, ce qui alimente les conflits entre les agriculteurs et les éleveurs’’, a signalé Mme Kane.
‘’Nous voulons que les zones pastorales soient sécurisées. Cela réduira les conflits’’, a ajouté Khady Kane, espérant que les recommandations de l’atelier seront prises en compte dans les décrets d’application.
Dieynaba Sidibé, la présidente du Directoire national des femmes en élevage et vice-présidente du Réseau des peuples pasteurs du Sahel, s’est réjouie de la qualité des échanges.
Les communautés pastorales rurales n’étant pas alphabétisées, elles sont confrontées à un faible accès à l’information, a-t-elle signalé, laissant entendre que l’atelier a pris en compte cette préoccupation.

Dieynaba Sidibé, la présidente du Directoire national des femmes en élevage
Mme Sidibé est d’avis que ‘’cet atelier va nous permettre de poursuivre la sensibilisation et la vulgarisation des textes élaborés par l’État’’. Elle espère que le Code pastoral et ses décrets d’application tiendront compte des recommandations de l’atelier et seront adoptés, promulgués et utilisés dans les meilleurs délais.
Selon Moussa Sow, RBM Sénégal va dérouler un plan de vulgarisation des informations pastorales, y compris le contenu du Code pastoral. Quatre radios communautaires vont soutenir la mise en œuvre de ce plan, à l’aide d’émissions consacrées au pastoralisme, a assuré M. Sow.
Des caravanes de sensibilisation vont parcourir les zones pastorales du Sénégal, a-t-il ajouté.
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