Des éditeurs proposent d’alphabétiser davantage pour booster l’édition en langues nationales
Des éditeurs proposent d’alphabétiser davantage pour booster l’édition en langues nationales

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 5 juil (APS) – Des éditeurs en langues nationales ont proposé, samedi, à Dakar, de développer l’édition sénégalaise par la promotion de l’alphabétisation.

L’édition de livres dans les langues sénégalaises ne cesse de faire du chemin, a reconnu la directrice des éditions EJO, Ndèye Codou Fall Diop, tout en estimant qu’il est nécessaire d’apprendre à davantage de personnes à lire et à écrire dans les mêmes langues.

Au Sénégal, ‘’presque tout se fait en français’’ dans l’Administration publique, a-t-elle observé en intervenant à un débat sur ‘’l’édition en langues africaines : enjeux, défis et perspectives’’, à l’occasion de l’anniversaire de la bibliothèque dakaroise ‘’Teere ak teraanga’’.

Le français ‘’n’est pourtant pas la langue de communication de nombreux Sénégalais’’, a signalé Mme Diop lors de ce débat, une initiative de l’Association culturelle pour la renaissance africaine.

La directrice des éditions EJO, qui enseigne le wolof au CESTI, souhaite que les autorités du pays s’attèlent à une alphabétisation massive des Sénégalais en langues nationales.

Ceux qui savent lire et écrire dans les langues locales s’intéressent aux livres publiés dans les mêmes langues, ce qui augmente les tirages des maisons d’édition, a laissé entendre Ndèye Codou Fall Diop.

‘’Éditer, c’est important, mais cela n’a pas de sens s’il n’y a pas assez de lecteurs’’, a-t-elle soutenu, proposant d’apprendre les langues nationales aux enfants.

Les prix des livres en langues nationales peuvent baisser, s’il existe des lecteurs en grand nombre, a laissé entendre Mme Diop.

L’alphabétisation est utile non seulement pour l’édition en langues nationales, mais pour transmettre aussi ‘’les valeurs et les savoirs’’ aux futures générations, selon l’éditeur et écrivain Mamadou Ndiaye.

‘’La souveraineté dont on parle passe nécessairement par nos langues nationales’’, a ajouté M. Ndiaye.

La présidente de l’Association des juristes sénégalaises, Aminata Fall Niang, pense que les textes relatifs aux droits et aux devoirs des citoyens doivent être traduits dans les langues sénégalaises et africaines, et ces langues enseignées à davantage de personnes.

L’écrivain Marouba Fall, qui dit s’être mis récemment à l’écriture du wolof, souhaite que les autorités du pays incitent les Sénégalais à s’intéresser davantage à la lecture et à l’écriture des langues nationales.

FKS/ESF