SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PLANIFICATION
Thiès, 3 juin (APS) – Divers acteurs territoriaux des régions de Thiès et Diourbel se sont retrouvés mardi dans la capitale du rail, pour apporter leur contribution à l’élaboration d’un Plan décennal de développement forestier pour la période 2026-2035, ce premier atelier ouvrant une série de consultations prévues par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique à travers le pays, a constaté l’APS.
Des agents du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, des services techniques déconcentrés de l’Etat, ainsi que des membres d’organisations de la société civile, des organisations communautaires de base et du secteur privé ont pris part à cette rencontre organisée au Centre Forêt de Thiès.
Selon l’inspecteur régional des Eaux et Forêts de Thiès, le lieutenant-colonel El Hadj Malick Dione, cet atelier est le premier d’une série prévue dans les huit pôles territoires à travers le pays.
Thiès “ouvre le bal” dans ce processus de consultations des acteurs territoriaux, en vue d’un diagnostic et de recommandations devant servir de référentiel de la politique environnementale pour les dix prochaines années, a dit le responsable.
Les défis dans la région ont selon lui trait à la déforestation, aux empiètements sur les réserves forestières, à la rareté des pluies, à la forte pression anthropique et aux feux de brousse, qui contribuent à amoindrir les formations forestières.
Il a cité le cas de la forêt classée de Pire, “empiétée à plus de 80%”, et celui de la forêt classée du plateau de Thiès, elle aussi soumise à une “forte pression foncière” et à des coupes illicites.
La région de Thiès compte 12 forêts classées, pour une superficie globale de plus de 87.200 hectares, a-t-il noté.
Au plan national, le potentiel est estimé à 9,3 millions d’hectares de forêts.
Le document auxquels ces acteurs territoriaux travaillent va déboucher sur des pistes pour réduire les effets néfastes des différents facteurs sur l’environnement.

“Nous avons misé sur une approche inclusive, pour prendre en compte l’ensemble des acteurs, y compris les populations”, a dit le lieutenant-colonel Dione.
Le Sénégal s’est engagé dans une dynamique ambitieuse de transformation, à travers la Vision Sénégal 2050, qui repose sur quatre axes majeurs, à savoir “bâtir une économie compétitive et souveraine, renforcer le capital humain et promouvoir l’équité sociale, aménager durablement le territoire et consolider la gouvernance ainsi que l’engagement citoyen”, a rappelé l’adjoint au gouverneur en charge du développement, Ababacar Sadikh Niang.
Les ressources forestières occupent “une place stratégique” dans cet agenda, a-t-il dit.
“Elles constituent, poursuit-il, un patrimoine naturel essentiel pour la conservation de la biodiversité, la protection des sols et des ressources en eau, l’atténuation des effets des changements climatiques, mais également pour le développement durable et l’amélioration des conditions de vie des populations”.

“Les forêts fournissent du bois d’œuvre, du bois énergie, des produits forestiers non ligneux et une multitude de services écosystémiques indispensables à nos communautés”, a souligné M. Niang, tout en évoquant la contribution des forêts à “la résilience des territoires face aux défis environnementaux de plus en plus pressants”.
Il a cité parmi les “nombreuses menaces”, “l’exploitation non durable des ressources naturelles” et les “impacts croissants des changements climatiques”.
L'”importance capitale” du Plan décennal de développement forestier 2026-2035 réside dans le fait qu’il offre “un cadre stratégique moderne, cohérent et adapté aux nouvelles réalités économiques, environnementales et sociales du pays”.
Les travaux devront permettre notamment d’établir “un diagnostic partagé de la situation forestière de notre zone éco-géographique, d’évaluer les acquis et les défis de la gouvernance forestière, d’identifier les enjeux prioritaires liés à la production, à la conservation, à la restauration des écosystèmes ainsi qu’au financement durable du secteur et de proposer des recommandations prospectives et bénéfique pour le secteur”.
Ils devront aussi aider à définir des orientations stratégiques et des actions prioritaires pour la période 2026-2035, “en parfaite cohérence avec les ambitions de la Vision Sénégal 2050, les engagements nationaux en matière de biodiversité, de climat, de décentralisation et de gestion durable des ressources naturelles”.
ADI/MTN/BK
