SENEGAL-AQUACULTURE-PROMOTION
Darou Khoudoss, 10 avr (APS) – Le directeur de l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), Samba Ka, a effectué, jeudi, une visite de terrain à la ferme Andal 1, une exploitation agricole innovante située dans le département de Tivaouane.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique de promotion de l’aquaculture intégrée, considérée comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire, diversifier les sources de revenus en milieu rural et optimiser l’utilisation des ressources naturelles.
D’une superficie de 14 hectares, cette ferme installée à Andal 1, un village de la commune de Darou Khoudoss, à une dizaine de kilomètres de Mboro, repose sur un système productif alliant arboriculture, maraîchage et pisciculture.
Le dispositif central est constitué d’un bassin en liner, d’une capacité de 9 600 m³, dédié à la production en polyculture de poissons-chats (clarias) et de tilapias, deux espèces particulièrement adaptées aux conditions locales.
Après près de six mois d’exploitation, une récolte partielle a été organisée en présence des techniciens du Bureau régional de l’ANA à Thiès.

Cette opération, suivie d’une séance de transformation sur site, met en lumière une approche intégrée de la chaîne de valeur, allant de la production à la valorisation des produits halieutiques.
L’originalité du modèle réside dans son système circulaire, alimenté par l’énergie solaire, qui permet d’assurer une irrigation durable des cultures grâce à la réutilisation des eaux issues des bassins piscicoles, enrichies en nutriments.
Ce procédé favorise non seulement l’amélioration des rendements agricoles, mais aussi la réduction des coûts d’intrants et une gestion plus efficiente de l’eau, ressource de plus en plus stratégique.
Samba Ka a magnifié les performances de cette exploitation, ajoutant que cette ferme symbolise la vitrine d’un modèle intégré d’aquaculture durable au Sénégal.
Selon lui, ce type d’initiative illustre concrètement les orientations nationales en matière de développement de l’aquaculture, notamment en termes de résilience des systèmes de production face aux changements climatiques et de promotion d’une agriculture durable.
Il a également souligné l’importance de l’accompagnement institutionnel, technique et financier, évoquant à ce titre la mise en place de nouvelles lignes de crédit par des partenaires bancaires pour faciliter l’accès des promoteurs aux investissements.
Toutefois, malgré des résultats techniques jugés encourageants, avec des niveaux de production prometteurs, le promoteur de la ferme, propriété de Cheikh Omar Gaye, a insisté sur les contraintes structurelles liées à son activité.
Il a notamment cité la question de l’accès sécurisé au foncier sécurisé, encore difficile pour de nombreux porteurs de projets, les exigences en matière de financement initial, ainsi que les défis liés à la maîtrise et à la gestion durable de la ressource en eau.
Au-delà de ses performances économiques, la ferme Andal 1 se distingue également par son impact social, contribuant à l’autonomisation des femmes du village, à travers des activités de transformation et de valorisation des produits.
Il s’y ajoute qu’elle joue un rôle de centre d’apprentissage pour des stagiaires et jeunes professionnels intéressés par les métiers de l’aquaculture et de l’agriculture intégrée.
À travers cette initiative, appuyée par l’ANA, les acteurs entendent promouvoir un modèle reproductible à l’échelle nationale, capable de stimuler le développement territorial, de créer des emplois durables et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

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