Commande publique : le Sénégal en avance sur plusieurs pays, dont la France, selon le DG de l’ARCOP
Commande publique : le Sénégal en avance sur plusieurs pays, dont la France, selon le DG de l’ARCOP

SENEGAL-GOUVERNANCE

Dakar, 9 avr (APS) – Le Sénégal est en avance sur plusieurs pays, dont la France, en matière de commande publique, a soutenu Moustapha Djitté, le directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), jeudi, à Dakar, en saluant l’efficacité et la clarté des procédures du pays dans ce domaine.

‘’Le Sénégal est en avance sur [plusieurs pays] en matière de commande publique […] La commande publique est le seul domaine dans lequel le Sénégal est bien en avance sur la puissance occidentale (la France) qui nous a toujours inspirés’’, a dit M. Djitté.

Il prononçait la leçon inaugurale de la première édition d’un colloque international consacré aux ‘’enjeux, défis et perspectives’’ de la commande publique en Afrique.

Outre le Sénégal, le Bénin, la France et le Togo sont représentés à cette rencontre.

‘’Notre système de gouvernance de la commande publique est de loin en avance sur celui de la France’’, a insisté Moustapha Djitté, ajoutant : ‘’Dans d’autres domaines, nous sommes souvent dans un mimétisme juridique avec la France.’’

Le but du colloque est de trouver des solutions aux problèmes auxquels sont confrontées les administrations chargées de la commande publique des pays représentés et de les partager, afin de faciliter l’exécution des projets et programmes publics, a-t-il expliqué.

Commande publique : le Sénégal en avance sur plusieurs pays, dont la France, selon le DG de l'ARCOP

‘’Notre commande publique est organisée de façon efficace. Les procédures sont très claires. Mais en raison du rythme auquel les enjeux se renouvellent, il faut toujours ajuster, affiner et bien encadrer’’, a expliqué le directeur général de l’ARCOP.

Il soutient que le Sénégal a une administration de commande publique propice à ‘’une bonne réalisation’’ des projets et programmes de l’État.

S’exprimant en présence de représentants des administrations chargées des marchés publics au Bénin, en France et au Togo, il signale qu’une bonne exécution de la commande publique ne peut se faire sans des agents bien formés à des procédures claires.

Selon M. Djitté, une administration de commande publique doit protéger en même temps les intérêts de l’État et ceux du secteur privé.

‘’Unifier toutes les interactions, en toute transparence et en toute sécurité’’

La modernisation relative au numérique est l’un des défis à relever par les instances chargées des marchés publics, a-t-il dit, rappelant que cet aspect est pris en compte au Sénégal par le New Deal technologique.

Ce dernier est mis en œuvre par le Sénégal, depuis 2025, dans ‘’une perspective de modernisation et de numérisation des procédures publiques’’, a rappelé le directeur général de l’ARCOP, ajoutant que le pays a entrepris plusieurs innovations relatives à la commande publique, dont la plateforme numérique APPEL – Achats publics en procédures électroniques.

Cette plateforme sert à ‘’unifier toutes les interactions, en toute transparence et en toute sécurité’’, concernant la commande publique sénégalaise, a souligné Moustapha Djitté.

Elle permet de ‘’gagner en célérité et d’éviter certaines pratiques manipulatoires, dont les falsifications, la fraude et la corruption’’.

Modou Bèye, le coordonnateur du centre de recherche de la commande publique de l’ARCOP, confirme que l’initiative APPEL numérise et dématérialise les procédures de passation des marchés publics au Sénégal.

‘’C’est le miroir de la gouvernance d’un État’’

L’État veille en même temps, lorsqu’il lance ses appels d’offres, à la protection des entreprises locales, selon M. Bèye.

Le directeur exécutif de l’organisation non gouvernementale Démocratie, droits humains et développement, Moundiaye Cissé, est d’avis que ‘’la commande publique n’est pas un simple acte administratif’’. ‘’C’est le miroir de la gouvernance d’un État’’, a-t-il souligné.

‘’Sans rigueur et sans éthique, aucune réforme ne peut tenir’’, a prévenu M. Cissé en prenant part au colloque en tant que membre du comité de règlement des différends de l’ARCOP.

Être membre de cet organe lui a permis de savoir à quel point la confiance dans le système de commande publique est ‘’fragile’’, a-t-il dit, estimant que les pouvoirs publics peuvent bien la consolider par des institutions fortes.

À ses yeux, l’ARCOP s’est résolument tournée vers l’innovation et la modernisation, par la dématérialisation de ses procédures.

FD/HB/HK/ESF