Diamniadio, 11 mai (APS) – Le Centre de contrôle et de réception du projet spatial Sensat sera opérationnel fin juin, en vue de préparer le lancement, par le Sénégal, de son premier satellite, a annoncé le coordonnateur du projet au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), professeur Gayane Faye.

“C’est un centre de contrôle et de réception du projet spatial Sensat avec un volet renforcement de capacités et recherche, parce qu’outre le volet fabrication de satellite et fournitures de services, il y a également un volet recherche (…)”, a-t-il expliqué, jeudi, lors d’une visite du site à Diamniadio.

Le centre spatial du Sénégal sera installé dans l’enceinte de la Cité du savoir, dans le bâtiment du Centre de mutualisation et de partage (CMP) qui va abriter aussi le supercalculateur.

La visite de la délégation du Centre spatial universitaire de Montpellier s’est déroulée sous la conduite du coordonnateur du projet, accompagné de collaborateurs et d’employés de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).

Le centre spatial universitaire de Montpellier, partenaire technique principal de Sensat, a permis de former huit ingénieurs et cinq techniciens qui sont en train de fabriquer le premier satellite du Sénégal, a signalé le professeur Faye.

“Ce premier satellite qui sera mis en orbite, est en train d’être fabriqué par des ingénieurs et techniciens sénégalais formés à Montpellier et permettra de collecter des données pour les stations de mesure à travers le Sénégal, en enregistrant à la fois toutes les transmissions et faciliter ainsi l’alerte précoce, surtout durant l’hivernage”, a-t- il expliqué.

D’autres applications vont suivre, qui vont permettre au centre de travailler avec d’autres services de l’Etat.

Il a informé que “la phase d’installation du centre de contrôle au sol est en cours”. Celui-ci permettra de “communiquer avec le satellite une fois dans l’espace avec l’envoi d’instructions et la réception de données collectées par le satellite”.

À travers cette visite avec la délégation du Centre spatial de Montpellier, il s’agissait d’échanger sur les aspects techniques, d’être sur le lieu pour voir la zone, le milieu et les mesures à prendre face aux potentiels risques d’interférence, selon le professeur Faye.

L’objectif visé est de “pouvoir installer en toute tranquillité le centre avant la fin du mois de juin avec les équipes de contrôle et l’antenne relais pour tester le dispositif avant le lancement du satellite”.

Dans ce projet, souligne le coordonnateur de Sensat, “il y a un grand volet formation et recherche puisque le centre continuera de former des sortants des écoles d’ingénieurs comme l’ESP [Ecole supérieure polytechnique], l’EPT [Ecole polytechnique de Thiès] ou l’Ecole polytechnique de Saint-Louis pour embrasser le métier du spatial”.

Pour le directeur du Centre spatial de l’Université de Montpellier, Laurent Dusseau, “le centre universitaire s’est engagé à côté du Sénégal dans ce projet ambitieux, utile et intelligent parce qu’il s’agit de lancer le premier satellite du Sénégal”.

“En tant que centre spatial leader en France avec le lancement de cinq satellites, nous étions capables d’apporter cette expertise dans ce projet utile, parce qu’il va permettre aux populations de recevoir des alertes et de bénéficier de toute l’aide possible sur plusieurs problématiques”, a-t-il expliqué.

Il considère que c’est également un projet intelligent, car misant sur la formation des jeunes. De ce point de vue, souligne Laurent Dusseau, “c’est totalement légitime que ce soit le MESRI qui le porte puisque le but ultime, c’est de former des étudiants aux techniques du spatial”. C’est la raison pour laquelle le projet est inscrit dans le cadre d’une collaboration entre des universitaires, a-t-il justifié.

L’université de Montpellier, dans le cadre du projet, apporte ses compétences, son expertise pour permettre au Sénégal de fabriquer son propre satellite. Depuis trois ans, les deux parties travaillent sur ce projet et l’Université de Montpellier est prête à continuer la collaboration pour accompagner le ministère dans d’autres projets similaires en définissant les besoins du Sénégal en matière de recherche et d’innovation.

ADL/ASG/BK

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