SENEGAL-ANNIVERSAIRE-POLITIQUE
Dakar, 24 mars (APS) – Le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, boucle ce mardi deux ans de gouvernance à la tête du Sénégal, un début de mandat marqué par la rationalisation des institutions jugées budgétivores.
Deux ans après son arrivée à la tête du pays, avec plus de 54, 28% des suffrages, le régime a mis en avant la rationalisation des institutions, un engagement phare de son programme.
Alors que les finances publiques sont dans un état jugé difficile, le chef de l’Etat a procédé à la suppression du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), des mesures ayant généré près de 15 milliards d’économie réaffectés à d’autres secteurs jugés prioritaires.
Pour acter cette décision accueillie avec hostilité par son opposition politique, le Président Faye a dû faire montre de ténacité en contournant la voie parlementaire. D’autant que les députés, convoqués en séance plénière deux jours auparavant, le 2 septembre, à la demande de l’exécutif, avaient rejeté, à la majorité, le projet de loi portant suppression du CESE et du HCCT.
A l’époque, l’Assemblée nationale était contrôlée par Bennoo Bokk Yaakaar, l’ancienne coalition au pouvoir qui disposait de 83 députés.
De fait, le pouvoir s’est très vite retrouvé limité dans son action par une Assemblée nationale contrôlée par la nouvelle opposition.
La dissolution de fait de l’Assemblée nationale s’était donc imposée comme une évidence, dans l’optique de chercher une majorité parlementaire.
Une ambition de réforme du système politique
Pour respecter ses promesses de gouvernance de rupture et de justice sociale, le cinquième président de la République du Sénégal procède, le 12 septembre 2024, à la dissolution de l’Assemblée nationale majoritairement acquise à l’ancien Président Macky Sall.
Les élections législatives anticipées organisées le 17 novembre 2024 se soldent par une très large victoire de la liste PASTEF du parti au pouvoir, dirigée par Ousmane Sonko, laquelle rafle les 130 sur les 165 sièges mis en jeu.
Le Président Bassirou Diomaye Faye, ayant ainsi réussi à consolider son régime, peut désormais dérouler, sans entrave, son quinquennat qu’il souhaite articuler autour de la “rupture systémique” et de la “souveraineté économique”.
Se soumettant à une tradition républicaine instituée par son prédécesseur Macky Sall, le tout nouveau chef de l’Etat lance, le 28 mai 2025, le Dialogue national consacré à la réforme en profondeur du système politique pour renforcer la démocratie et la stabilité après les tensions politiques ayant émaillé le pays de mars 2021 à mars 2024.
Au cours de cette rencontre d’une semaine, acteurs politiques, membres de la société civile et d’autres forces vives de la nation ont engagé des réflexions pour un consensus sur la révision du Code électoral, la rationalisation des partis et du calendrier électoral, l’institutionnalisation consensuelle du chef de l’opposition.
Le président Bassirou Diomaye Faye a le mérite d’avoir maintenu la stabilité des institutions en dépit des remous notés au tout début de son quinquennat et de quelques désaccords avec son Premier, leader du parti au pouvoir, avec lequel ses relations étaient pourtant jusque-là bien huilées.
Lors de l’installation du Conseil national du Pastef, le 10 juillet 2025, Ousmane Sonko leader du parti, avait dénoncé les pressions, manipulations et tentatives de division, non sans réitérer son engagement aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye.
Divergences politiques en exergue
Il s’était également ému de la gestion des dossiers judiciaires (reddition des comptes, dossier des violences politiques…). Malgré tout, il avait écarté toute idée de démission de ses fonctions de Premier ministre.
Le tandem Diomaye-Sonko ne tarde pourtant pas à afficher de nouveau publiquement ses divergences.
Le 8 novembre, au cours d’un “terra-meeting” organisé sur le parking du stade Léopold Sédar Senghor, à Dakar, le leader de PASTEF-Les Patriotes déplorait certains positionnements au sein de la coalition ”Diomaye Président”, qui a porté le président Faye au pouvoir, non sans renouveler sa confiance à Aïda Mbodji, coordonnatrice de la coalition.
Il dénonçait par la même occasion les lenteurs judiciaires, la gestion du dossier des personnes ayant perdu la vie dans les évènements survenus entre mars 2021 et mars 2024.
En réponse à cette sortie de M. Sonko, Bassirou Diomaye Faye surprend par une lettre mettant fin aux fonctions de Aïda Mbodji, jusque-là coordonnatrice de la coalition “Diomaye Président”. Il propulse Aminata Touré, en la chargeant de restructurer et d’élargir la coalition.
Bassirou Diomaye Faye a confirmé cette option en présidant l’assemblée générale de restitution des textes de sa coalition, ce qui contribue à creuser un peu plus le fossé entre lui et son Premier ministre.
Ousmane Sonko, de son côté, continue de mobiliser ses soutiens réunis au sein de la coalition APTE, Alliance patriotique pour le travail et l’éthique (APTE).
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