SENEGAL-CULTURE-PERSPECTIVES
Dakar, 4 avr (APS) – L’artiste pluridisciplinaire et directeur du hub entreprenariat culturel ”Artiste du daanu”, Ali Beta, a invité, vendredi, les décideurs et acteurs culturels à faire avancer le processus de l’indépendance culturelle ”déjà en téléchargement” au Sénégal.
”On a connu l’indépendance politique en 1960. Mais c’est pas fini, il faut conquérir l’indépendance économique, et poser la question de l’indépendance culturelle. C’est un processus qui est en téléchargement. Ce n’est pas encore à 100%, mais il faut faire avancer le processus”, a déclaré Ali Beta.
Dans un entretien avec l’APS, au terme d’une table ronde, axée sur le thème, ”L’indépendance culturelle, sociale et économique”, tenue à l’occasion des Journées portes ouvertes, organisées par sa structure, le hub entreprenariat et culture dénommé ”Artiste du daanu”.
”On est en train de reconquérir notre indépendance culturelle. Nous avons initié une réflexion pendant trois jours, pour parler de l’indépendance culturelle et les enjeux qu’elle suscite auprès de différents acteur”, a-t-il dit.
”Entreprendre reste un acte politique, dans la mesure où, il permet aux acteurs de prendre en main leur destinée tout en proposant de transformer leur territoire”, a estimé Ali Beta..
Il reconnaît toutefois, l’existence d’un processus favorisant l’émancipation culturelle au Sénégal. Il a insisté sur l’importance d’une volonté politique susceptible d’accompagner les acteurs culturels.
” (…) l”indépendance culturelle, existe quand même, mais on aimerait que ce soit porté par l’État et que cela soit dans nos institutions, à l’école, à l’hôpital, dans la gouvernance. C’est ce qui manque”, a-t-il ajouté.
L’anthropologue et enseignant-chercheur, Oumy Thiongane, qui intervenait au cours des panels, évoque la nécessité ”d’inclure les jeunes dans les états généraux de la culture, en vue de promouvoir cette indépendance culturelle”.
”Au niveau de l’enseignement supérieur, il y a quelque chose qui est souligné par rapport aux savoirs. Et les états généraux de la culture doivent mettre un accent sur l’anthropologie des savoirs, le modèle de référence, et la multiplicité de la culture au Sénégal”, a-t-elle soutenu.
De son côté, l’entrepreneur culturel et responsable de la coopération et du partenariat du Grand théâtre national, Samba Ndiaye, souligne l’importance pour le pays de construire ”son propre modèle économique à partir de notre existant”.
”Tant qu’on aura de modèle d’imitation, et qu’on va continuer à calquer celui des autres, on n’aura pas notre modèle économique. L’on doit partir sur ce qui existe déjà pour construire notre propre modèle”, a-t-il fait valoir.
AMN/MTN

