Abdou Simbandy Diatta magnifie la vitalité de la danse africaine contemporaine
Abdou Simbandy Diatta magnifie la vitalité de la danse africaine contemporaine

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 6 mai (APS) – Le directeur général de la Culture, Abdou Simbandy Diatta, a salué, mercredi soir, à Dakar, l’affirmation d’une danse africaine contemporaine ”en pleine maturité créatrice”, portée par des artistes qui ”innovent” et ”influencent” désormais les grandes scènes internationales.

M. Diatta intervenait à l’ouverture, au Théâtre national Daniel Sorano, du spectacle Vagabundus, une œuvre du chorégraphe mozambicain Idio Chichava.

‎”De Maputo à Dakar, de Dakar à Paris, de Paris à Tokyo, les chorégraphes africains imposent leur regard sur le monde et leur maîtrise du plateau. Ils ne viennent plus simplement participer, ils définissent, ils innovent, ils influencent”, a-t-il déclaré lors de cette cérémonie.

Présenté à l’initiative de l’Institut français du Sénégal, dans le prolongement de la Biennale de la danse en Afrique qui a pris fin le week-end dernier à l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, le spectacle a réuni diplomates, responsables culturels, artistes et amateurs de danse contemporaine.

‎Dans son allocution, Abdou Simbandy Diatta a décrit Vagabundus comme une œuvre ”qui arrive à point nommé”, estimant que le Théâtre national Daniel Sorano devenait, le temps d’une soirée, ”un carrefour” où ”les corps parlent ce que les mots ne peuvent pas encore dire”.

Abdou Simbandy Diatta magnifie la vitalité de la danse africaine contemporaine

Évoquant le sens de la pièce, il a souligné que le mot Vagabundus renvoie à la figure du vagabond, tout en dépassant l’idée d’errance. ”Dans la langue du chorégraphe mozambicain Idio Chichava, le vagabondage n’est pas une errance sans sens, c’est un voyage intérieur”, a-t-il affirmé.

‎Le directeur général de la Culture a insisté sur la dimension minimaliste et symbolique de la création. ”Treize danseurs-chanteurs. Aucun décor. Aucun artifice. Rien que la présence des corps, la puissance des voix et l’héritage vivant des rituels du peuple Makondé du Mozambique”, a-t-il relevé.

‎Pour lui, la pièce interroge la migration sous un angle humain et spirituel, loin des seuls prismes politiques ou géographiques. ”Et si la migration n’était pas d’abord une crise politique, mais une réalité humaine fondamentale ?”, s’est-il interrogé, estimant que cette réflexion résonne particulièrement à Dakar, ”ville de départs et de retours”.

Abdou Simbandy Diatta a par ailleurs assuré que les institutions culturelles sénégalaises entendent accompagner cette dynamique créative africaine, afin de permettre aux artistes du continent de disposer de ”scènes dignes”, de ”partenariats solides” et d’un ”public qui les attend”.

‎S’adressant enfin au chorégraphe et aux interprètes de la compagnie “Converge”, il les a invités à ”tout donner” sur scène. ”Vous portez la mémoire d’un peuple, la douleur et la beauté du voyage, la force de ceux qui ont traversé sans se briser”, a-t-il déclaré.

Le spectacle Vagabundus, mêlant danse contemporaine, chant et performance collective, a été chaleureusement accueilli par le public dakarois.

MK/BK