Mondial 2026 : les étudiants de l’UCAD croient dur comme fer en une victoire contre les Bleus
Mondial 2026 : les étudiants de l’UCAD croient dur comme fer en une victoire contre les Bleus

SENEGAL-FOOTBALL-REPORTAGE

Dakar, 16 juin (APS) – Au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), nombreux sont les étudiants qui croient aux chances de victoire de l’équipe nationale du Sénégal face à la France, pour l’entrée en lice, ce mardi, des deux équipes dans cette Coupe du monde de football. Entre analyses tactiques et pronostics, ils affichent leur confiance en la bande à Sadio Mané.

Le long de l’allée principale traversant le campus social, cette confrontation, qui n’est pas sans rappeler celle de 2002 remportée par feu Pape Bouba Diop (1978-2020) et ses coéquipiers, sur la marque d’un but à zéro, occupe toutes les conversations.

Pour permettre aux étudiants de vivre pleinement cette grande fête du football mondial, le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), chargé notamment de l’hébergement et de la restauration des étudiants, a installé trois fan-zones à travers le campus social.

Ce lundi soir, le soleil s’apprête à disparaître à l’horizon, laissant encore régner une chaleur pesante à quelques minutes de 19 heures, moment où de nombreux étudiants regagnent le campus après les cours.

Dans cette atmosphère particulière, beaucoup de résidents sont descendus de leurs pavillons pour prendre l’air et se rafraîchir. L’ambiance est est à son comble, les discussions se mêlant aux éclats de voix, aux pas des passants et aux murmures qui s’échappent des résidences universitaires.

Dans cette allée du campus, le décor est saisissant. Entre les pavillons alignés, les arbres ombrageux et les bancs occupés par des étudiants en pleine discussion, tout semble vivre au rythme du Mondial. En levant légèrement les yeux, on aperçoit les affiches géantes des 26 joueurs retenus par le sélectionneur national Pape Thiaw pour cette 23e édition de la Coupe du monde.

Assis sur les bancs bordant l’allée principale du campus, les étudiants forment de petits groupes de discussion. En la longeant, l’on débouche sur la zone A du campus social, un espace particulièrement fréquenté, où boutiques, multiservices et fast-foods répondent aux besoins quotidiens des résidents.

Entre la cantine n°26 et le pavillon G, Ousmane Ndour et ses camarades sont assis à l’ombre d’un arbre. “Le match contre la France est très décisif”, lance cet étudiant en licence de droit.

Mondial 2026 : les étudiants de l’UCAD croient dur comme fer en une victoire contre les Bleus

“Une victoire permettrait aux Lions d’entrer idéalement dans la compétition. En revanche, un faux pas compliquerait considérablement la suite du tournoi”, analyse-t-il. 

Ousmane est convaincu que l’attaque française peut faire très mal. Selon lui, la rencontre pourrait se jouer dès la première période.

“Je pense que l’équipe qui ouvrira le score aura de grandes chances de remporter le match”, avance-t-il.

Vêtu du maillot de l’équipe d’Espagne, signe de son attachement à la “Roja”, qui n’a pu faire que match nul face au novice Cap-Vert, le jeune homme dit préférer suivre les rencontres à la place Omar Pène du campus social.

“C’est plus vivant là-bas. L’ambiance change constamment en fonction du déroulement du match. On ressent davantage les émotions”, confie-t-il.

À quelques mètres de là, le terrain de football du campus attire lui aussi de nombreux étudiants venus pratiquer leur sport favori.

Assis seul sur un banc en béton en bordure d’un terrain sablonneux, un étudiant suit avec attention une rencontre disputée par ses camarades. Le regard fixé sur l’aire de jeu, il semble analyser chaque mouvement des joueurs qui s’affrontent sous la lumière déclinante de la fin d’après-midi.

Autour de lui, le vaste terrain de sport de l’université est pris d’assaut par de nombreux étudiants en tenue de sport. 

Dans cette ambiance typiquement universitaire, ce jeune observateur incarne la passion du football qui anime le campus.

Entre détente après les cours et esprit de compétition, ces terrains constituent un véritable lieu de rencontre où le sport rassemble les étudiants au-delà de leurs origines et de leurs filières d’études.

“Pour battre la France, à mon avis, il faut renforcer notre milieu de terrain”, lance Cheikh Bou Cissokho, étudiant en première année de licence de sociologie.

“D’après les précédents matchs que j’ai suivis, le Sénégal présente quelques faiblesses au milieu et en défense, même si l’équipe reste très performante en attaque”, ajoute le jeune homme originaire de Tambacounda.

Le jeune homme au tee-shirt noir pousse plus loin son analyse. “Dans ce genre de match, il faut des joueurs combatifs comme Pathé Ciss au poste de milieu défensif”, soutient-il, mettant en avant la rigueur et l’engagement du sociétaire du Rayo Vallecano (élite espagnole).

Selon lui, ce type de profil pourrait contribuer à neutraliser certaines individualités françaises, notamment Rayan Cherki, Michael Olise et Kylian Mbappé.

“Il faut aussi que nos latéraux soient davantage préoccupés par les tâches défensives que par les montées offensives. Un joueur comme Michael Olise peut faire la différence à tout moment. Même loin du but, il est capable de trouver la lucarne”, explique-t-il.

Il recommande également au gardien Édouard Mendy de rester vigilant afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Pour le jeune Cissokho, l’autre bataille se jouera au mental. “Les joueurs devront rester concentrés, déterminés et convaincus qu’ils peuvent gagner ce match”, dit-il.

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Cheikh Bou n’a pas connu l’épopée de 2002 des Lions, mais pour lui, les hommes de Pape Thiaw doivent s’inspirer de cette génération historique. “Ils doivent prendre exemple sur le courage et la détermination de la génération d’El Hadji Diouf pour réaliser un nouvel exploit face à la France”, affirme-t-il.

Si Cissokho et Ndour se montrent plutôt confiants quant aux chances de victoire du Sénégal, Mahecor Diouf affiche davantage de prudence.

“C’est un match qui sera âprement disputé, d’autant plus qu’il oppose deux grandes nations de football”, souligne cet étudiant en deuxième année de journalisme au CESTI, l’école de formation en journalisme de l’UCAD.

Comme nombre de ses camarades, Mahecor Diouf se méfie particulièrement du potentiel offensif de l’équipe de France. “Les Français disposent d’une attaque très puissante, mais je pense que notre défense sera à la hauteur. Il faudra également faire preuve de vigilance au milieu de terrain”, analyse-t-il.

Contrairement à ceux qui misent sur une victoire des Lions, le jeune étudiant préfère un pronostic plus mesuré. “Personnellement, je mise sur un match nul, soit 0-0, soit 1-1”, déclare-t-il.

Rencontré au terrain de football du grand campus, où il est venu pratiquer son sport favori comme à son habitude, Mahecor Diouf reconnaît toutefois que la rencontre pourrait basculer sur un détail, tant les deux équipes lui paraissent proches en termes de qualité et d’ambition.

À quelques heures du coup d’envoi, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar s’est transformée en une véritable caisse de résonance de la passion footballistique sénégalaise, où l’espoir d’un nouvel exploit des Lions de la Teranga nourrit toutes les conversations.

ID/ABB/BK