SENEGAL-LITTERATURE-EVENEMENT
Dakar, 17 oct (APS) – La ministre en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique a exprimé, vendredi, ‘’la gratitude de la Nation’’ au défunt écrivain et homme politique Cheikh Hamidou Kane, décédé il y juste deux semaines, précisément le 4 octobre dernier.
Un hommage lui a été rendu lors de la journée organisée dans la salle Alioune Diop du CICES dans le cadre de cette 18e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) qui se poursuit jusqu’à lundi.
‘’ (…) à sa famille ici représentée, j’adresse la gratitude de la Nation ainsi que l’expression de la profonde sympathie mise dans cette épreuve’’, a dit Mame Coumba Diop, saluant la mémoire d’un patriarche des lettres africaines ‘’qui a tout donné à son pays, mais qui n’a jamais rien réclamé’’.
‘’Cheikh Hamidou Kane, un auteur de cette stature ne disparait pas, il se transmet’’, a dit la ministre en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique devant un parterre de personnalités et d’hommes de lettres.
Au nom de la famille de Cheikh Hamidou Kane, Racine Abdou Kane, cousin du défunt, a indiqué que la vie de l’auteur Cheikh Hamidou Kane, parti il y a juste douze jours, a ressemblé à ses livres ‘’L’Aventure ambiguë’’ (1961) qui est un compagnon de route et un livre de chevet pour des millions de personnes et ‘’Les gardiens du temple’’ publié 34 ans après.
‘’Il a servi l’Etat du Sénégal avec la droiture d’un homme d’Etat qui savait que le pouvoir est une charge et non une récompense’’, a-t-il fait savoir, estimant que l’homme d’Etat a servi l’Afrique et bercé l’enfance de plusieurs générations, au-delà de nos frontières, mais ‘’jamais il n’a confondu la fonction et la grandeur, la notoriété et la valeur, le bruit et la parole. Il était de ces hommes rares’’, dit-il.
Cheikh Hamidou Kane a été ministre avant d’occuper la fonction de directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique occidentale et centrale avec un poste à Abidjan (Côte d’Ivoire) de 1967 à 1974.
De retour au Sénégal, il sera ministre du Développement industriel et de l’Artisanat de 1978 à1983 et puis ministre du Plan et de la Coopération le 3 avril 1983 sous le règne de Abdou Diouf avant de quitter le gouvernement le 5 avril 1988 sur sa demande.
Pour Racine Abdou Kane, le plus bel hommage que l’on puisse rendre à Cheikh Hamidou Kane, n’est ni d’ériger une statue, ni une plaque, ni même une médaille. ‘’Ce sera un enfant qui lit à la lueur d’une langue, ce sera une jeune fille qui ose prendre la plume pour écrire, ce sera une nation qui refuse de choisir entre savoir et l’âme. Parce que cette nation a compris grâce à Cheikh Hamidou Kane qu’elle peut et doit posséder les deux’’ , souligne-t-il.
”Il est souvent dit qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle, celui-ci. Cheikh Hamidou Kane nous a confiés les clés avant de partir, cette bibliothèque Cheikh Hamidou Kane ne brûlera pas’’, a-t-il rassuré.
L’ancien ministre de la Culture Abdoulaye Elimane Kane, cousin du défunt écrivain, s’est réjoui de cet hommage à Cheikh Hamidou Kane, estimant que la République a fait son devoir, car l’ayant célébré avant son décès et aujourd’hui encore.
Selon la ministre Mame Coumba Diop, l’année qui s’achève a grandement éprouvé la famille de la culture, avec le départ de ‘’trois figures majeures, trois artisans infatigables de la transmission du savoir’’, leur mémoire mérite d’être honorée ici dans cette enceinte qui célèbre ceux et celles qui donnent leur vie à la culture.
Il s’agit du professeur Maguèye Kassé, décédé le 22 juillet dernier, un éminent intellectuel, acteur majeur de la culture dont l’engagement constant (…) a durablement marqué les belles lettres et le cinéma.
Elle a aussi cité le conteur Babacar Mbaye Ndack, professeur d’histoire, maitre de la parole, et puissant bâtisseur de ponts entre générations, décédé le 26 juillet et aussi l’enseignant émérite Baïty Ka écrivain, éditeur, décédé le 15 septembre dernier.
Ces trois hommes rappellent, selon Mame Coumba Diop, que la culture se bâtit dans la durée par des vies données à la transmission. Ces hommes appartiennent désormais à ces bâtisseurs invisibles de notre humanité commune, a fait savoir la ministre en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique
FKS/MTN

