SÉNÉGAL-HORTICULTURE-COMMERCE
Diogo (Darou Khoudoss), 20 fév (APS) – Des horticulteurs du village de Diogo, dans la commune de Darou Khoudoss (Tivaouane, ouest), se plaignent d’une mévente aiguë de leurs productions, liée selon eux, à une ”saturation” des marchés locaux, avec son lot de conséquences économiques et sociales.
Ces producteurs de Diogo ont indiqué à la presse que l’arrivée simultanée de grandes quantités de récoltes sur les marchés nationaux, conjuguée à l’absence de circuits d’écoulement structurés, entraîne une chute vertigineuse des prix. Cette situation fragilise les exploitations familiales dont les revenus reposent essentiellement sur la campagne horticole en cours.
”La saturation des marchés ne nous laisse aucune marge de manœuvre”, se plaint Abdoulaye Faye, un paysan du village de Diogo. ”Nous sommes obligés de vendre à perte pour éviter que les produits ne pourrissent dans les champs ou dans les aires de stockage rudimentaires”, poursuit-il.
Il précise que le sac de chou de 45 kilogrammes est actuellement vendu à 2 000 francs CFA, tandis que l’oignon vert s’échange à 50 francs CFA le kilogramme. Des prix qui, selon lui, ne couvrent ni les charges liées aux semences, aux engrais et aux produits phytosanitaires, ni les frais d’irrigation, de main-d’œuvre et de transport.
Au-delà des pertes financières immédiates, les producteurs redoutent un endettement accru. Nombre d’entre eux auraient contracté des crédits informels ou mobilisé leurs économies, pour financer leur campagne agricole. ”Si rien n’est fait rapidement, prévient un autre maraîcher, certains risquent d’abandonner l’activité”.
Les horticulteurs plaident pour une intervention urgente des autorités, notamment celle de l’Agence de régulation des marchés (ARM), afin d’organiser le conditionnement, le stockage et, si possible, l’écoulement des excédents vers d’autres zones déficitaires.
Ils appellent également à la mise en place de mécanismes durables de régulation des prix, ainsi qu’à un meilleur encadrement de la commercialisation.
Dans cette partie de la zone des Niayes réputée pour son ”important potentiel horticole”, les producteurs espèrent qu’une réponse rapide des pouvoirs publics permettra de sauver la campagne et de préserver les moyens de subsistance de nombreuses familles qui dépendent de cette activité.
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