Keur Mbir Ndao (Tivaouane), 7 juil (APS) – Le secrétaire d’Etat aux sociétés coopératives et à l’encadrement paysan, Alpha Bâ, a rendu hommage, samedi, aux acteurs qui ont maintenu l’“esprit coopératif”, au moment où ce modèle d’organisation avait été presque délaissé par l’Etat du Sénégal dans le secteur agricole.

Alpha Bâ prenait part à la 30-ème édition de la journée internationale des coopératives, célébrée à Keur Mbir Ndao (Tivaouane, Ouest), autour du thème d’un avenir meilleur pour tous.

“Au moment de fêter cette journée dans un contexte d’avancées institutionnelles, nous ne pouvons pas oublier ceux qui, durant ces dernières années, alors que l’Etat était quasiment absent dans ce domaine, ont continué à se mobiliser pour (maintenir) l’esprit et l’identité coopérative”.

Cette journée coïncide, a-t-il relevé, avec la mise sur pied par le gouvernement, d’un secrétariat dédié aux coopératives et à l’encadrement paysan.

Elle est célébrée aussi alors que l’Etat du Sénégal affiche sa volonté de faire passer le modèle économique et agricole d’une approche individualisée et individualiste à une approche basée sur les “racines sociales” du Sénégal depuis ses origines, a dit M. Bâ.

Il faisait allusion à la vie communautaire que mènent les Sénégalais, et dont les sociétés coopératives constituent une “illustration parfaite”.

Le secrétaire d’Etat aux coopératives a souligné que les autorités du pays jusqu’au plus haut niveau, sont convaincues que pour atteindre les objectifs visés dans l’agriculture, les coopératives ne peuvent plus continuer à fonctionner comme par le passé. Il y a des bons points à conserver et d’autres à redresser, a-t-il précisé, en langue wolof.

Selon Alpha Bâ, le constat était qu’une minorité s’accaparait les semences et le matériel agricole distribués par le gouvernement, au détriment de la majorité des producteurs. Un tel système d’attribution, tant qu’il se perpétuait, était susceptible d’être partial, vu que des personnes influentes pouvaient l’infléchir en leur faveur.

“C’est seulement à travers une approche collective, qu’on pouvait minimiser ces risques”, estime l’officiel, non sans ajouter que seule la coopérative pouvait garantir l’adoption d’une telle approche.

Le plus grand atout des coopératives est leur démarche de transparence, a-t-il dit. Par exemple, cette année, les attributaires de quotas de semences ont présenté la liste de leurs membres, leurs contacts, numéros de pièces d’identité, ainsi que la localisation et la superficie de leurs champs.

“Désormais, le gouvernement a décidé, pour toute action destinée aux éleveurs et aux agriculteurs, de passer par les coopératives”, annonce Alpha Bâ. Ce qui ne signifie pas, précise-t-il, que les producteurs individuels seront laissés à eux-mêmes.

Il salue l’existence déjà de plateformes regroupant les coopératives.

Le secrétaire aux coopératives a aussi loué le concours des partenaires, dont l’Union européenne (UE), qui ont “cru en eux” au point d’aboutir au Projet d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest (PACAO), autour duquel cette journée a été organisée à Keur Mbir Ndao.

Pour Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’UE au Sénégal, les coopératives sont un “facteur déterminant en matière de sécurité alimentaire, de souveraineté alimentaire et de croissance endogène”.

Il estime que “l’intégration africaine à travers les coopératives est certainement un élément de promesse de croissance endogène” dans la zone ouest-africaine et au Sénégal.

L’appui aux micro, petite et moyennes entreprises qui représentent “plus de 90% du tissu industriel du Sénégal, est essentiel”, a-t-il dit, tout en ajoutant que si le défi de l’emploi des jeunes doit être relevé, c’est à travers les coopératives qu’il le sera.

ADI/ASG

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