Thiès, 29 oct (APS) – Le Premier ministre Amadou Bâ a passé en revue, dans la nuit de samedi à dimanche, divers secteurs de l’économie de la région de Thiès lors d’échanges avec les acteurs concernés.

La rencontre, inscrite dans sa tournée économique à travers le pays, a démarré dans la soirée dans l’enceinte de la gouvernance de Thiès,  en présence de représentants des pêcheurs, des femmes transformatrices, des tailleurs, ainsi que de divers opérateurs économiques dans les domaines des fruits et légumes, de l’arboriculture,  de l’aviculture, de l’artisanat, etc.

Ils ont exposé, tour à tour, leurs difficultés et contraintes de leurs secteurs et sous-secteurs respectifs. Fallou Samb, responsable d’une association avicole, a évoqué la “crise profonde” de la filière avicole. Il a évoqué par exemple la cherté de l’aliment de volaille. Il a plaidé pour une limitation des importations des produits de volaille. L’aviculture génère 450 milliards de chiffre d’affaires et 50 000 emplois, a dit M. Samb.

La cherté des prix du maïs a conduit à la faillite de beaucoup d’entreprises avicoles, a-t-il fait valoir, non sans demander le soutien de l’Etat.

Le fait que 80% des projets financés par les institutions dédiées le sont en zone urbaine, au détriment de la zone rurale a aussi été souligné lors de ces consultations.

Pour Thierno Ciss, délégué du marché central de Thiès, 3 479 marchands n’ont pas de cantines dans le marché central qui a fini d’envahir tout le quartier Escale. Cette situation est identique à celle d’autres marchés de la ville de Thiès, a-t-il noté.

Le directeur de l’Agence régionale de développement (ARD) Oumar Faye a, dans sa présentation de la situation de la région de Thiès, marquant le début de la rencontre, évoqué plusieurs problématiques liées à l’‘’urbanisation galopante”, qui réduit les superficies cultivées. A cela s’ajoutent, entre autres, la réduction de la nappe phréatique et les changements climatiques.

Selon M. Faye, il va falloir réfléchir sur certaines questions liées à la conurbation autour de  villes comme Tivaouane. Il est, selon lui, nécessaire de définir des zones agricoles dédiées.*

Pour l’opérateur de semences Modou Fall, l’hivernage étant déjà passé, il va falloir s’acheminer vers la commercialisation de l’arachide. Ce qui implique la disponibilité de financement.

Le Premier ministre Amadou Bâ a rassuré les acteurs économiques sur le fait que toutes leurs préoccupations ont été prises en compte dans un programme quinquennal du gouvernement.

Concernant la campagne de commercialisation arachidière, il a noté qu’elle devrait démarrer d’ici fin novembre, non sans ajouter que le prix au producteur ne sera pas en deçà de celui de l’année dernière.

Répondant à la question sur le financement de la campagne arachidière évoquée par Modou Fall, un opérateur de semences, le chef du gouvernement a relevé qu’ ‘’il est temps que le Sénégal ait une structure de financement forte qui pourra gérer cette question“.

“Vu l’ambition du président de la république, ce n’est pas le modèle actuel, qui pourra régler le financement”, estime-t-il. Pour lui,  en lieu et place de l’approche en vigueur, basée sur la subvention, comme c’est le cas avec la subvention de 100 milliards dégagée par le gouvernement, la mise en place d’une “banque forte”, à l’image de ce qui se fait au Maroc,  sera la solution.

Il a assuré  que les autorités veilleront à l’équité entre le monde rural et le monde urbain dans l’octroi des financements, notamment par la DER. Il a aussi précisé que le gouvernement a un programme de modernisation des marchés dont bénéficiera la ville de Thiès.

Aux transporteurs, il a annoncé qu’ils bénéficieront d’un programme de renouvellement  du parc automobile.

Amadou Bâ est revenu sur les potentialités de Thiès, qui concentre plusieurs secteurs porteurs, comme l’agriculture où la région est deuxième au niveau national. En termes d’horticulture, elle occupe la première place, tout comme dans le secteur minier.

“Mais comment faire pour que ces ressources impactent le développement de la région ?”, s’est-il demandé. Avec ses deux façades maritimes longues de 200 kilomètres, la région de Thiès arrive en tête dans le secteur du tourisme. Le développement des zones économiques spéciales  (ZES) de Diass et Sandiara, pourvoyeuses d’emplois, pourraient y contribuer, a-t-il noté, en évoquant la possibilité d’avoir une “zone d’impulsion” à partir  de la zone de Ngaye Mékhé.

Les ministres Mansour Faye et Pape Sagna Mbaye ont été invités à répondre aux questions touchant à leurs portefeuilles respectifs, à savoir les infrastructures routières et la pêche, lors de ces échanges inclusifs qui se sont terminés peu après 3 heures du matin.

ADI/ASG

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