Dakar, 1er juin (APS) – Le directeur général de Biopharm, une entreprise pharmaceutique algérienne, Abdelouahed Kerrar, a vanté les atouts dont dispose le Sénégal dans sa marche vers la souveraineté pharmaceutique, citant à égard la position géographique du pays et la performance de sa recherche, à travers la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, socle de toute sa filière industrielle.

‘’Le Sénégal a beaucoup d’atouts qui font qu’il peut bien dépasser le cap des 35% qu’il s’est fixé pour la couverture de ses besoins pharmaceutiques d’ici 2035’’, a dit à l’APS M. Kerrar, qui séjourne à Dakar dans le cadre du 22e Forum pharmaceutique international (FPI). ‘’Souveraineté pharmaceutique pour l’Afrique’’ est le thème de ce forum qui se tient de samedi à dimanche, dans la capitale sénégalaise.

Le gouvernement du Sénégal, dans le cadre du plan d’actions prioritaires ajusté et renforcé (PAP 2A) du Plan Sénégal émergent (PSE), a décidé d’inscrire la production de médicaments parmi ses six priorités.

L’avènement de la Covid-19 a permis de constater la nécessité d’améliorer ‘’l’accès équitable des populations sénégalaises aux vaccins, médicaments ou autres produits de santé dont les technologies sanitaires’’, a rappelé récemment le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye. Elle s’exprimait au sortir d’une audience avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom  Ghebreyesus, en marge de l’Assemblée mondiale de la santé, qui s’est tenue du 21 au 30 mai, à Genève.

Parmi les acquis du Sénégal dans ce domaine, elle a cité ‘’ la présence de l’Institut Pasteur à Dakar, qui fabrique depuis des décennies des vaccins, et récemment, de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF) dirigé par le virologue Souleymane Mboup’’.

Il y a également, selon le ministre, ‘’le projet Madiba qui est pour nous une opportunité de concrétiser le rêve de voir le Sénégal produire des vaccins pour les populations africaines’’.

Insistant sur l’importance de la recherche scientifique, ‘’le socle qui sous-tend toute filière industrielle’’, le directeur général de Biopharm a également prôné la valorisation de projets et de thèses de doctorat qui restent dans les bibliothèques. En cela, il a donné l’exemple de l’Algérie qui pratique une exonération fiscale pour des investissements dans la recherche.

Faire face à la résistance des sceptiques

Abdelouahed Kerrar a aussi rappelé la position géographique du Sénégal, ajoutant qu’une vingtaine d’entreprises algériennes sont intéressées par le marché sénégalais qui pourrait constituer un hub pour atteindre le marché africain. Il s’est réjoui de la présence d’Air Algérie qui dessert Dakar quatre fois par semaine. Un bateau assure également la liaison entre les deux pays.

Abdelouahed Kerrar a toutefois précisé qu’il n’existe pas de modèle unique propre à tout le monde. Chaque pays, selon lui, ‘’doit tracer sa propre ligne de conduite, en fonction de son profil démographique et épidémiologique ainsi que de ses contraintes budgétaires’’.

S’il y a un constant, ‘’ce sera le respect des normes de qualité alignées sur les standards mondiaux à travers une formation des compétences locales et une politique des prix rémunératrice pour les fabricants, mais encadrée par les autorités publiques’’.

Le spécialiste invite également les pays africains produisant localement des médicaments à ‘’se préparer à la résistance contre les sceptiques qui douteront toujours de la qualité pour des logiques politiques et commerciales’’.

SMD/ASG

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