Dakar, 6 juin (APS) –  De l’indépendance du Sénégal à nos jours, le système éducatif sénégalais a connu plusieurs réformes pédagogiques, notamment programmatiques.

Ces changements sont principalement le résultat de crises survenues à différents moments. Avec l’accession à l’indépendance, les Etats africains se devaient d’introduire des changements dans l’éducation avec des objectifs plus conformes aux réalités des pays nouvellement indépendants.

1962 : première réforme post indépendance. Les syndicalistes accusent le président Senghor de néocolonialiste et le qualifient de suppôt du colon. Ils reprochent à l’école sénégalaise de n’être qu’un simple prolongement de l’école de France, reproduisant ses programmes et ses horaires, son organisation administrative et pédagogiques et ses examens.

1968 : une réforme radicale change les orientations de l’éducation nationale.

1971 : la loi d’orientation N°71-036 du 3 juin 1971 deviendra le nouveau texte définissant les principes, les orientations, les objectifs et les programmes de l’école sénégalaise.

1979 : le décret 79 – 1165 fixe les nouveaux programmes de l’école élémentaire en droite ligne des orientations et dispositions de la nouvelle loi.

1981 : suite à une longue et vive agitation dans le secteur, le président Abdou Diouf organisa les États généraux de l’éducation et de la formation (EGEF) dans le but de revoir et d’améliorer le système éducatif sénégalais. Désormais, l’école doit former des jeunes individus utiles à la Nation, préparés pour s’insérer facilement dans les divers secteurs de la vie nationale, conscients des valeurs de la civilisation africaine et susceptibles de donner leur apport dans les domaines de la science et de la technique.

1987 : l’école sénégalaise fut réformée en avec le concept ‘’d’école nouvelle’’ conduit par Iba Der Thiam, ministre de l’Education nationale de 1963 à 1988.

1988 fut marquée par l’une des crises les plus graves de l’histoire de l’école sénégalaise scolaire. Une grève sans précédent s’est généralisée à tous les secteurs, conduisant les autorités à déclarer l’année scolaire et universitaire ‘’blanche’’.

1990 : le programme mondial «Education pour tous» (EPT) est lancé à Jomtien, en Thaïlande. À la suite de la déclaration de Jomtien, des forums, colloques et séminaires ont été tenus pour finaliser les conclusions des états généraux.

1991 : la Commission nationale de réforme de l’Éducation et de la Formation·(CNREF) formalise les conclusions des EGEF de 1981 en adoptant une nouvelle loi d’orientation, la loi n° 91-22 du 16 février 1991 qui n’a jamais été suivie d’un décret portant programme.

2014 : Organisation des Assisses nationales de l’Education et de la Formation.

Ces changements laissent penser que l’Etat sénégalais est à la recherche de voies et de moyens pour améliorer son système d’éducation. Cependant, ces réformes partagent toutes un trait commun : elles sont le plus souvent impulsées de l’extérieur sans la prise en compte des réalités intrinsèques du pays.

Au cours de ces réformes, trois approches pédagogiques différentes ont été développées :

L’entrée par les contenus : elle a été testée lors des réformes de 1962, de 1971 et de 1979 et formalisée par le décret 79-1165 réorganisant l’école élémentaire et fixant ses programmes. La logique de l’approche par les contenus misait sur un enseignement qui puisse parcourir le plus vaste champ de connaissances possible.

En ce sens, l’école aurait était conçue comme un outil de transmission des savoirs et de développement intellectuel. Il fallait donc faire acquérir à l’élève le plus de connaissance possible à travers les disciplines étudiées en classe. L’école sénégalaise héritée de la colonisation française s’inscrivait ainsi dans un mouvement assimilationniste, l’instruction servait à créer un homme à l’image de l’ancien colonisateur.

L’entrée par les objectifs : elle fut utilisée dans les programmes en 1987 avec les classes pilotes. Cette expérience n’a pas fait l’objet d’une évaluation systématique. Les contenus sont formulés pour rendre l’enseignement plus accessible à l’apprenant. Dans cette optique, l’école doit former des jeunes individus préparés pour s’insérer facilement dans les divers secteurs de la vie nationale. Cependant, d’aucuns ont considéré que l’approche par les contenus et l’approche par les objectifs, avaient comme points faibles, l’absence de mobilisation des connaissances acquises à l’école pour résoudre les problèmes rencontrés dans leur vie quotidienne.

L’approche par les compétences : la loi d’orientation n° 91 -22 du 16 février 1991 redéfinit le profil du nouveau type d’individu à promouvoir. En 1996, un nouveau changement s’opère avec une réforme qui repose sur l’approche par les compétences (APC). L’instauration du nouveau curriculum s’est faite dans le but de rendre le système éducatif plus efficace avec des rendements en phase avec les réalités économiques et socioculturelles du pays. Le processus de construction du curriculum engagé en 1996 a connu sa généralisation en 2014, dans l’éducation de base.

Pour le ministère de l’Education nationale qui a confié le processus à l’Inspection générale de l’Education et de la Formation (IGEF), il s’agira de ‘’discuter avec toutes les parties prenantes, avec une forte implication de la communauté, de considérer qu’un programme est un maillon dans la chaine des intentions : finalité, but et programme.

‘’Le programme n’est pas un tissu, donc pas de tailleur pédagogique, quand on touche un élément les autres bougent et changer un programme n’est pas un jeu d’enfant ; c’est aussi une révision des manuels, la formation des enseignants entre autres’’, relève un document d’informations de l’IGEF.

ADL/OID/ASG/AKS

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