Dakar, 8 août (APS) – L’expulsion du Sénégal de l’avocat franco-espagnol d’Ousmane Sonko, Juan Branco, préoccupe les quotidiens, qui, pour leur édition de ce mardi, tentent de s’expliquer cette décision des autorités sénégalaises.

Me Branco, visé par un mandat d’arrêt émis par la justice sénégalaise, a été arrêté en Mauritanie après avoir séjourné au Sénégal.

Auditionné par la Division des investigations criminelles, il a été inculpé d’attentat, de complot, d’appel à l’insurrection, de diffusion de fausses nouvelles, d’actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles graves.

Envoyé en prison pendant moins de quarante-huit heures, l’avocat a été placé sous contrôle judiciaire, remis en liberté, puis expulsé du Sénégal.

“Une polémique en moins. Le Sénégal s’est épargné la poursuite de la mauvaise publicité que constituait l’arrestation de […] Juan Branco, le week-end dernier”, note EnQuête.

“Retenir Juan Branco en détention au Sénégal n’est pas un choix judicieux”, écrit Sud Quotidien pour résumer les explications fournies à ce sujet par le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall.

Source A signale que “les appels internationaux à sa libération, sa stratégie du silence et sa grève de la faim […] ont précipité sa libération et son expulsion vers son pays”.

“Juan Branco vient d’être libéré et placé de façon extraordinaire sous contrôle judiciaire pour des faits et charges aussi graves. De qui se moque-t-on ?”, s’indigne l’avocate et ancienne députée sénégalaise Ndèye Fatou Touré, dont les propos sont relayés par L’info.

Magnanimité

“Juan Branco a exposé les travers d’une justice à plusieurs vitesses, loin d’être juste avec les Sénégalais qui croupissent en prison pour des [charges] insignifiantes. Et les explications d’Ismaïla Madior Fall, celui-là qui garde nos Sceaux, montrent clairement que ce pays s’enfonce dans ses contradictions”, commente L’info.

Libération s’interroge sur les décisions prises par les autorités sénégalaises, qui vont du mandat d’arrêt à l’expulsion. “Pressions diplomatiques ? Reculade pour ne pas frustrer la France ?”, se demande le même journal en rappelant les chefs d’inculpation dont l’avocat franco-espagnol est l’objet.

“Pour moins que cela, plusieurs Sénégalais séjournent actuellement en prison. Le plus cocasse est que la libération de Me Branco est assortie d’un contrôle judiciaire. Normalement, cette mesure est prise pour s’assurer que l’inculpé ne quitte pas le territoire sans l’autorisation du juge. Pour le cas de Me Branco, il est sous contrôle judiciaire hors de la zone de compétence de la justice sénégalaise. Interdit d’en rire…”, lit-on dans Libération.

Le Soleil met la libération de Me Branco sur le compte de la “magnanimité” de l’État du Sénégal. “Les autorités sénégalaises, après avoir fait preuve d’une fermeté exemplaire face à des actes tendant à jeter le discrédit sur le pays et ses institutions, ont finalement fait preuve de magnanimité”, affirme Le Soleil.

Ismaïla Madior Fall assure que le Sénégal compte sur la coopération judiciaire pour exercer son contrôle sur l’avocat franco-espagnol. Mais un spécialiste de droit pénal interrogé par WalfQuotidien affirme que “le juge sénégalais possède très peu de moyens” pour faire “respecter” le contrôle judiciaire “si la personne [qui en est l’objet] se trouve hors du territoire sénégalais”.

“Il n’y avait pas de raison de le garder [en] détention”, rapportent L’As et plusieurs journaux en citant le ministre de la Justice.

“Il n’y a pas de vacances judiciaires pour tout le monde. Si le temple de Thémis est habituellement à l’arrêt au mois d’août, cette année, c’est l’exception […] Il y a les affaires Sonko et Branco, qui cristallisent les attentions des parquets et des juges d’instruction, qui tournent à plein régime”, observe Le Quotidien.

ESF/BK

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