Thiès, 26 juin (APS) – La représentation politique des femmes dans les instances électives au Sénégal reste confrontée à des “résistances multiformes”, malgré le vote d’une loi sur la parité, a soutenu l’universitaire sénégalais Saliou Ngom.

“La représentation des femmes, c’est un défi majeur pour renforcer nos démocraties en Afrique et particulièrement au Sénégal, et nous sommes confrontés, depuis plusieurs années, à un certain nombre de résistances, qu’elles soient politiques, culturelles ou sociales”, a dit M. Ngom, chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN).

Il prenait part, à un atelier de formation de femmes élues venues de tous les départements du pays, une rencontre tenue mardi à Thiès, dans le cadre du Programme de participation politique des femmes en Afrique (WWP).

Cette initiative est mise en œuvre dans huit pays africains, dont le Sénégal, où il est exécuté par l’IFAN, en partenariat avec le Caucus des femmes.

Cette session présentée comme un moment de discussion avec les différents acteurs, était destinée à rechercher des solutions en termes de plaidoyer, de politique publique et de sensibilisation, pour améliorer la présence des femmes dans les instances de décision au niveau local ou national.

“Le Sénégal est bien positionné en termes de représentation politique au niveau national, avec une loi sur la parité, que beaucoup nous envient d’ailleurs, mais je pense qu’aujourd’hui, nous sommes confrontés à des défis généraux”, d’ordre culturel notamment, a analysé le chercheur.

Il relève qu’au niveau national, par exemple, “il n’y a que 3% de femmes maires”. Ce qui veut dire qu'”au-delà de la loi sur la parité, il y a d’autres défis à engager”.

Saliou Ngom estime qu’il s’agit aussi d’un “combat de recherche”, nécessitant que “les différentes inégalités soient documentées, expliquées, pour permettre de trouver des solutions qui soient viables”.

L’ancienne députée Élène Tine assure pour sa part que la dynamique paritaire déjà enclenchée au Sénégal est “irréversible”.

Elle a évoqué, à titre d’illustration, le combat mené par le Caucus des femmes, en relation avec d’autres partenaires, dont l’Association des femmes juristes, pour faire respecter la loi, concernant l’installation de bureaux paritaires dans les collectivités territoriales, au lendemain des élections locales de 2022.

La loi prévoit que toutes les instances électives ou semi-électives mettent en place des bureaux paritaires. Ce qui n’a pas été le cas dans nombre de collectivités. Il a fallu, dans certains cas, engager des actions en justice pour l’application de la loi.

Le programme WPP, prévu pour trois ans, est conduit par un consortium mis en place par International Institute for Democracy and Electoral Assistance (IDEA), une organisation intergouvernementale visant à soutenir la démocratie durable à travers le monde.

Le WWP vise à accroître la participation politique et la représentation des femmes en Afrique, conformément au Protocole de Maputo de 2003, aux divers protocoles et normes sous-régionaux associés et aux objectifs de développement durable (ODD), selon un document des organisateurs.

Il est mis en œuvre au Botswana, en Côte d’Ivoire, en Eswatini, au Kenya, en République démocratique du Congo, au Sénégal, en Tanzanie et au Zimbabwe.

ADI/BK/ASG

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