Dakar, 10 juil (APS) – Les commerçants appliquent bel et bien les nouveaux prix des denrées alimentaires de consommation courante fixés par un arrêté du 24 juin du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a constaté l’APS, lundi 8 juillet, dans des boutiques et magasins du centre-ville de Dakar.

Cette baisse des tarifs en vigueur depuis lundi 24 juin concerne le sucre cristallisé, l’huile de palme raffinée, le riz brisé ordinaire, le pain, la farine de blé et le ciment.

Pour Modou Fall, qui tient une échoppe près du marché Tilène, dans la commune de La Médina, la réduction des prix vient à point nommé.

“C’est vraiment le moment de baisser les prix. Je suis un commerçant certes, mais je suis aussi un consommateur. La cherté de la vie me touche comme les autres”, dit M. Fall, assurant appliquer les nouveaux tarifs.

Abdoulaye Bâ est d’avis que l’arrêté du ministre est une aubaine pour tout le monde, y compris les commerçants dont il fait partie.

“La baisse des prix nous permet d’acheter davantage de marchandises […] Il y a quelques mois, c’était très difficile de le faire. Il fallait avoir beaucoup d’argent pour s’approvisionner chez nos fournisseurs”, réagit M. Bâ en esquissant timidement un sourire.

“La vie est chère. La baisse des prix est une bonne nouvelle pour les citoyens qui essaient de joindre les deux bouts et ont du mal à se payer trois repas quotidiens”, ajoute-t-il en étalant une portion de beurre sur du pain, une fillette s’impatientant à ses côtés.

Malick Niang, un commerçant du marché Tilène, vend au détail des produits alimentaires faisant partie de la grille tarifaire du ministre de l’Industrie et du Commerce. La baisse des prix des denrées de consommation courante ne profite pas à tout le monde, selon lui.

“Les prix fixés ne nous conviennent pas. Que faire ? Nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de les appliquer”, dit-il d’un air las.

“Les temps sont durs, tout est cher”

Malick Niang parle de façon évasive d’un stock de produits qu’il a achetés aux tarifs antérieurs à la décision gouvernementale relative aux prix.

Djibril Ndiongue, l’un de ses voisins du marché, dit vendre aux nouveaux prix. “Je ne vends pas de riz ordinaire brisé mais du riz parfumé”, tient-il à préciser, sachant que la décision du ministre ne prend pas en compte le riz qu’il commercialise.

“Concernant le sucre et l’huile, je me suis conformé à la mesure du gouvernement”, s’empresse de préciser Djibril Ndiongue.

Aïcha Fall, venue s’approvisionner dans le magasin de M. Ndiongue, reconnaît acheter les denrées alimentaires de consommation courante aux tarifs fixés par le gouvernement. “Ce n’est qu’un début certes, mais c’est une bouffée d’air frais, vu la cherté de la vie et la difficulté de certains consommateurs à s’approvisionner”, commente Mme Fall.

Modou Guèye gère un grand magasin au marché Tilène. “Nous sommes des pères de famille d’abord, des commerçants ensuite. C’est la raison pour laquelle j’apprécie énormément la baisse des denrées alimentaires”, dit-il, s’employant à servir un boutiquier détaillant venu s’approvisionner auprès de lui.

“Oui, les prix sont bien en baisse”, répond d’un air hésitant le client de M. Guèye à la question de savoir si la grille tarifaire indiquée par le gouvernement est bien appliquée ou pas, tout en s’abstenant d’en dire davantage, des coupures de 10.000, 5.000, 2.000 et 1.000 francs CFA entre les mains.

El Hadj Diop, venu faire des courses, dit accueillir “avec joie” la baisse des prix du riz, de l’huile, du sucre et du pain. “Même si la baisse n’est pas exhaustive, elle est tout de même à saluer. Les temps sont durs. Tout est cher”, dit-il, souhaitant que la baisse tarifaire soit élargie à d’autres biens de consommation.

MFD/ESF/BK

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