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Des professionnels africains des médias lancent un "appel" à libérer Pape Alé Niang

Jan. 6, 2023, 8:37 p.m.

Dakar, 6 jan (APS) - Soixante-dix-huit journalistes africains ont lancé un "appel" à la libération de leur confrère sénégalais Pape Alé Niang, directeur du site d'information Dakar Matin, a appris l’APS, vendredi, à Dakar, de Reporters sans frontières (RSF).

"Soixante-dix-huit professionnels des médias africains demandent la libération immédiate de Pape Alé Niang et l'abandon des charges [...] qui pèsent contre le journaliste", écrit RSF dans un communiqué reçu à l’APS.

Niang est hospitalisé "en raison de sa grève de la faim", et "sa santé commence à se dégrader", affirme le bureau de Dakar de cette organisation de défense de la liberté de presse.

La liste des signataires de l'"appel" comprend de grandes figures de la presse africaine, dont Pape Saine, directeur de publication du journal gambien The Point, Seidik Abba, analyste et spécialiste des questions africaines dans des médias internationaux, et Ignace Sossou, un journaliste béninois qui a été emprisonné pendant six mois dans son pays.

Des organisations de défense des droits des journalistes ont également signé et apporté leur soutien à cet "appel". On peut citer la Fédération des journalistes africains, la Fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest ou le Comité pour la protection des journalistes.

“Cet appel est une action solidaire envers notre confrère Pape Alé Niang, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Il est remarquable que tant de grands noms de la presse africaine se mobilisent, et c'est un message qui doit être entendu par les autorités sénégalaises […] L'état physique de Pape Alé Niang est très préoccupant.”

Accusé de "divulgation d'informations de nature à nuire à la défense nationale", “recel de documents administratifs et militaires" et "diffusion de fausses nouvelles", Pape Alé Niang a été emprisonné une première fois, le 9 novembre.

Le journaliste avait bénéficié d'une liberté provisoire avant d’être remis en prison, mardi 20 décembre. Le parquet estime qu'il n'a pas respecté les termes de sa mise en liberté provisoire.

"Nous […] lançons un appel aux autorités sénégalaises pour libérer le journaliste Pape Alé Niang", affirment ses confrères.

"Les autorités judiciaires […] doivent le libérer immédiatement et abandonner toutes les charges qui pèsent contre lui", soutiennent-ils, disant être "alarmés par [sa] situation" et "les conséquences de son incarcération sur sa santé". 

Des “agressions très fortes”

"Je souhaite qu'il rentre chez lui, que rien ne lui arrive", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Abdou Karim Fofana, dans un entretien avec l'APS dont il était l'invité, mardi.

M. Fofana dit cependant souhaiter que la CAP, la Coordination des associations de presse, et le CORED, le Conseil pour le respect des règles d’éthique et de déontologie dans les médias, tout en critiquant "la position du gouvernement et la justice sur cette question", puissent aussi en faire autant pour "la pratique journalistique".

"C'est l'information qui détermine et permet de choisir la voie politique, de faire des choix économiques. Et c'est la qualité de l'information qui permet au citoyen de se déterminer sur les sujets d'intérêt national", a-t-il déclaré.

"Si on se permet de ne plus garantir la qualité de l'information, nous mettons en péril la qualité de notre démocratie", a estimé M. Fofana, selon qui, "au-delà de la personne de Pape Alé Niang" et de toute autre personne, "le plus important est la survie de notre démocratie, qui est en train de subir des agressions très fortes".

Reporters sans frontières et les signataires de cet “appel'' notent de leur côté que l'incarcération de Pape Alé Niang “soulève d'autres enjeux pour les médias au Sénégal, jadis fleuron de la liberté de la presse en Afrique”. ”Nous rappelons que malgré l'existence d’un projet de loi, le Sénégal ne dispose pas d'une loi sur l'accès à l'information, ce qui empêche les journalistes et les citoyens d'accéder à des informations publiques."

Ils estiment qu'"il est temps d'y remédier sans délai et d'amender le Code de la presse, afin de dépénaliser les délits de presse" au Sénégal.

Le Sénégal a perdu 24 places et occupe la 73e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2022. 

ESF/BK/ASG

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